8 février 2010 20h02 · Paul Proulx
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Le prolifique Laurent Chabin a écrit trois romans en 2009. Voici L’Affaire Trystero, qui tire ses racines de l’université de Calgary. C’est loin d’être une oasis pour les étudiantes asiatiques. Elles le réalisent à leurs dépens alors qu’elles disparaissent à l’insu de tous. Sont-ce des victimes des réseaux de la prostitution ? La question est soulevée quand on découvre le corps d’un professeur de littérature médiévale sous un buisson du campus. On lui a substitué les amygdales par son organe génital. Autant de sadisme perd les enquêteurs en conjectures avant qu’un proxénète et son acolyte subissent le même sort. Leur attention se porte alors sur les gourgandines aux yeux bridés, qui délaissent leur mission humanitaire au profit de la campagne à l’instar des victimes inhumées à la ferme de Robert Picton. Au-dessus de toute impunité, le discret professeur émasculé ne servait-il pas tout de même de courroie de transmission aux convoyages des étudiantes de la salle de cours aux lupanars ou aux bars de strip-teaseuses ? Mais qui a orchestré cette affaire ? Serait-ce Trystero, le pseudonyme d’un psychopathe tiré d’un poème de Richard Wharfinger ? Autant de questions qui tiennent le lecteur en haleine, d’autant plus que la personnalité des personnages est bien profilée. Mais le dénouement ne dissout pas le dilemme. Il reste en attente d’une suite difficile à concocter. C’est une œuvre plutôt bâclée sous un vernis culturel. À l’instar de Jacques Côté dans le Rouge idéal, Laurent Chabin exploite la poésie, d’où il tire le rituel macabre de son polar. Cette toile de fond rate son maquillage des carences autant que le recours à la polyphonie n’enrichit la narration.