19 novembre 2009 12h53 · Paul Proulx
C’est la mort dans l'âme que les jeunes sans-abri ont élu comme Mecque le parc Émilie-Gamelin de Montréal. Qui se ressemble, s'assemble. On accourt des quatre coins de la province pour affronter les conditions qu’on leur impose. La plupart ont entre 18 et 30 ans. Soit qu'ils aient été abandonnés de leurs parents ou soit qu'ils fuient les contraintes familiales, ils poursuivent leur route dans un tunnel infernal où drogue, violence et sexe composent leur menu quotidien. Le nouvel horizon qui s'annonce débouche souvent sur la mort, comme l'indique la dernière page de l'œuvre. Œuvre de mort susceptible de nous ouvrir les yeux sur une réalité ostracisée. Nous laissons aux organismes charitables le soin de venir en aide à ceux qui ont vendu leur âme au diable. Souvent même, nous jetons un regard malveillant sur ces moins beaux fruits de notre récolte au lieu de nous interroger sur nos responsabilités parentales. L'auteur voulait-il décrire un monde noir pour détourner les jeunes des culs-de-sac? Du moins, la lecture du recueil les y invite. Invitation qui se veut empathique en ajustant le message à l’oralité de leur discours. Choix discutable parce que ce peut aussi être perçu comme un simple réconfort dans les malheurs. Mais tout de même, ça ouvre les yeux, surtout si nous ignorons la dynamique du centre-ville glauque de Montréal.