16 novembre 2009 6h35 · Paul Proulx
« Ô Nicolet, qu’embellit la nature ». Ainsi commençait l’hymne que nous chantions lors des cérémonies civiles ou religieuses de mon enfance. C’était une belle petite ville située à la tête du lac Saint-Pierre. Les incendies et un glissement majeur l’ont défigurée, transformant la 132 en boulevard commercial, jadis le rang des 40. Du Nicolet des années 1950, il ne reste plus grand-chose. Même le beau pont cantilever a disparu. Il ne reste que les murs du séminaire incendié, édifice bicentenaire, dont l’arrière, construit dans les années 1950 par Louis Donolo de Montréal, a échappé aux flammes. Cette partie est devenue l’école de la police que toutes les filles lorgnent, espérant y trouver un bon parti. À côté s’érige la cathédrale, où siège Mgr Saint-Gelais, cinquième évêque du diocèse, homme moins flamboyant que son prédécesseur, Mgr Albertus Martin, un petit Nicolétain qui aimait les cérémonies grandioses. J’adorais, adolescent, servir sa messe en tant que cérémoniaire à cause de ma soutane rouge et de mon surplis de dentelle dans l’ancienne cathédrale, démolie inutilement à cause de sa proximité du cratère creusé par l’éboulis de 1956. Louis Caron, un écrivain qui fut mon voisin dans le rang de l’Isle, rappelle cet incident en décrivant nos jeux dans Le Bonhomme sept-heures. À lire sans faute aussi Le Canard de bois, qui raconte l’histoire de Nicolet à travers la famille Bellerose. Revenons à la cathédrale, la nouvelle, dont la structure rappelle la coupe couchée d’un calice. On y trouve des œuvres d’art beaucoup plus riches que celles exposées dans le Musée des religions situé en biais sur la 132. La plus belle et la plus grande verrière du Québec compose la façade de l’édifice. C’est une œuvre de Jean-Paul Charland, un petit gars de l’endroit. Pour l’admirer, on peut consulter http://www.ville.nicolet.qc.ca/rubrique.php?id_rubrique=136# Il faut savoir qu’en se baladant dans Nicolet et la région, il est possible de passer devant les œuvres des architectes Caron, les oncles du célèbre écrivain, qui ont dessiné la presque totalité des plans des anciennes églises, dont Sainte-Victoire de Victoriaville demeure le chef-d’œuvre. La maison de pierre de l’ancêtre dans la rue Saint-Jean-Baptiste, celle qui longe la rivière au nord du pont, est un bel exemple de riche construction domiciliaire de ces artistes. C’est devenu malheureusement un vulgaire bloc appartement. À proximité, il faut rappeler le couvent des Sœurs de l’Assomption avec son clocher byzantin, où ont étudié les jumelles Dionnes, l’écrivaine Suzanne Jacob… D’ailleurs, de nombreux écrivains ont étudié à Nicolet, pépinière jadis de savoir. Louis Fréchette et le poète Nérée Beauchemin y ont fait leurs humanités. Au sud du pont se trouve la maison de brique rouge du père de l’écrivain Guy Châtillon, un autre enfant prodige de l’endroit. À deux pas de là se dresse l’ancien bureau de poste, un bel exemple d’architecture gouvernementale du début du 20e siècle. Continuant votre route, vous croiserez la rue Mgr Courchesne, ancien archevêque de Rimouski, mais enfant de la paroisse. Il faut l’emprunter pour voir le palais de Justice, un autre bel exemple d’architecture du tournant des années 1900. À l’époque, on ne concevait pas des cages de ciment ou de verre quand on construisait. Malheureusement, la restauration de qualité reste à venir. Avant de quitter la ville, il faut enfiler la rue Saint-Jean-Baptiste jusqu’au fleuve. En tournant à droite, on arrive à un marais que traverse une passerelle qui surplombe des butomes à ombelle et des pontédéries que les jeunes ados s’amusent à détruire avec leur VTT. Une tour donne une vue imprenable sur le lac Saint-Pierre fréquenté par les outardes et presque toutes les espèces de canards, sans compter les oies blanches qui arrivent vers le 4 avril à la Baie-du-Febvre, un village défiguré, où je suis né.
Paul, dites moi avez vous connu le Bonhomme 7 heures? Augustin Lebel?
Je connais tous les personnages de cette oeuvre, aussi déguisés soit-il, tels l’évêque Mgr Manseau qui est Mgr Albertus Martin, la trisomique qui est une Fleurant, le frère Herméningilde qui s’occupait des 4H, etc. Seuls les enfants échappent à mon identification, si identification il y a.
Augustin Lebel est ( etait ) mon oncle et j’ai des souvenirs d’ enfance qui ne font sourire a cause de la personnalite tellement extraordinaire d Augustin – Marianna ( qui etait la soeur de mon grand pere maternel ) et Hermane – Pour une enfant de 7 ou 8 ans ils representaient tous des personnages de roman, surtout qu’etant residente de Trois Rivieres, on ne les visitait que quelques fois par annee, apres un long perible via le traversier………………Nicole Hebert Morin.