Profanation du corps de Kawindalé

8 novembre 2009 7h30 · Paul Proulx

François Poulin de Francheville acheta une Africaine de 18 ans, qui débarqua à Montréal en 1727. Il s'agit de Kawindalé, que l'on rebaptisa du nom de Marie-Joseph Angélique. Elle découvrit un peuple dont le sort ressemblait au sien. Elle nota que les Amérindiens étaient repoussés de leur territoire au profit d'exploiteurs éhontés, venus s'enrichir rapidement en Nouvelle-France. Elle s'intégra à son nouveau milieu avec la meilleure volonté du monde. Elle connut même l'amour avec un colon avant d’être accusée de l'incendie qui ravagea la moitié de la ville de Montréal en 1738. En fait, Micheline Bail reconstitue le quotidien des habitants ainsi que celui des Amérindiens. D’autre part, elle examine la conjoncture politique et économique en pointant les magouilleurs, composés souvent des dirigeants de la colonie. Peu scrupuleux, ces derniers détournaient le commerce de la fourrure en leur faveur en recourant à la contrebande. Le roman donne un bon aperçu de la vie au 18e siècle. Un pays en devenir qui laisse voir une communauté moins noble que le laissent entendre les manuels scolaires, voire une communauté barbare, friande de pendaisons et de profanations des corps, comme ce fut le cas pour l’héroïne et sa contemporaine Marie-Josephte Corrivaux. Malheureusement, Micheline Bail est une romancière qui traduit assez mal les sentiments humains. Elle sert du réchauffé littéraire avec un écriture maîtrisée, mais inapte à s’imposer à cause d’une absence de ton qui dévitalise le roman. Mais, tout de même, il révèle un secret bien gardé tel que celui de l’esclavage. Paul Fehmiu Brown en donne aussi un bon aperçu avec ses deux romans consacrés à l'esclave Kawindalé.

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