14 décembre 2008 10h46 · Paul Proulx
À propos l'article Voir Exilés de la lumière (Les)
L’Espace libre offre un petit bijou pour le temps des fêtes. La pièce illustre avec brio le cantique par excellence de l’avent, période de l’année liturgique avant Noël : « Venez, divin Messie, sauver nos jours infortunés. Venez source de vie. Venez, venez et venez. » Aurélie Olivier a bien défini cette œuvre dramaturgique de Lise Vaillancourt : « Les Exilés de la lumière n'est en effet rien de moins qu'une cosmogonie – un ensemble de récits mythiques racontant l'origine de l'univers. » Le fils d’une déesse (le Jour) et la fille d’une autre déesse (la Nuit) doivent s’épouser afin que se perpétue la mythologie. Ces jeunes se moquent bien de leur origine. Ils veulent vivre sur terre parmi les anges déchus de nos campagnes. D’ailleurs les deux seuls qui habitent encore les cieux se joignent à la cavalcade devant ramener le Jour et la Nuit dans le monde des divinités. Mais en vain. Les rejetons zieutent vers le Dieu de l’Amour. Même s’il a lamentablement échoué à la tâche, il lui reste une dernière chance en décochant ses flèches sur ces divins héros. Bref, la dramaturge raconte une belle histoire qui ne désespère pas des pouvoirs de Cupidon. L’œuvre a des airs de théâtre grec, mais elle évoque un univers fréquenté depuis la nuit des temps par tous et chacun avec le résultat que l’on sait. L’auteure s’en amuse. Même si le baiser a lieu devant une rangée de dents bien aiguisées, tout n’est pas perdu. Sans tomber dans l’eau de rose ou dans l’eau bénite, les comédiens poussent, avec conviction, des cris d’espoir sur une scène drapée de noir qui met en évidence leurs costumes flamboyants. L’amour mythique ne s’est jamais aussi bien porté sous la plume de Lise Vaillancourt. Dans une langue belle, voire humoristique, sa pièce répète, sans ennuyer, avec simplicité et raffinement, que « l’amour existe encore », comme le proclame Céline Dion.