22 novembre 2008 14h17 · Paul Proulx
À propos l'article Voir Ténor recherché
Le théâtre Juliette-Lassonde de Saint-Hyacinthe est le mieux pourvu pour recevoir les spectateurs. Immense parking gratuit, restaurants nombreux et chics à quelques pas, ça vaut le déplacement, à 30 minutes du tunnel H.- Lafontaine. En tournée dans la région cette semaine, la troupe de Benoît Brière y présente Ténor recherché, comédie louangée de Ken Ludwig. Les réactions de la salle infirment ce jugement. La première partie du spectacle s’est déroulée dans un silence funèbre, entrecoupé de quelques rires convenus. La mise en bouche est longue, pénible, voire ennuyeuse. Elle se réduit aux cris névrotiques et aux galipettes des personnages, excédés par un ténor italien qui se fait attendre alors que les crevettes sauce mayonnaise languissent sur les tables pour tenter les invités vaccinés contre la gastro-entérite. C’est seulement après l’entracte que la pièce prend son envol. Nous apprenons que la représentation d’Otello de Verdi fut un grand succès alors que le ténor s’étourdit dans des quiproquos qui le confrontent à un sosie et à des femmes entichées de sa personne. Bref, toutes les ficelles du genre et les clichés usés alimentent cette pièce. Aucun souci d’originalité. On nous sert une recette qui a fait ses preuves à travers des réparties déjantées dans un milieu plutôt snob. La traduction donne dans la facilité avec une langue farcie d’expressions vernaculaires. C’est à coup de «bâtards» et d’autres jurons soi-disant cool que se manifestent les frustrations. Le dynamisme déployé par la troupe peut pour nous faire vivre une soirée agréable si nous laissons le «critiqueux» à la porte pour éviter d’avoir un air de «beu».