La Musique qui tue

23 octobre 2008 10h16 · Paul Proulx

Le rock psychédélique né en Angleterre dans les années 1960 sert de toile de fond à ce roman, qui présente un musicien québécois, connu uniquement des habitants de Cambridge. Bernard Carel y a vécu à cause de ses parents établis dans la fière Albion. Il a formé un groupe qui ne s’est produit que dans un parc fréquenté par des lightfools, des débiles mal accoutrés, qui vivaient dans les arbres comme des oiseaux. Au-delà des apparences, la musique du héros traduisait pour eux leurs souffrances et causa finalement sa propre perte. On le retrouva aliéné dans un parc du Portugal. Repatrié dans un institut psychiatrique au Québec, il est abandonné des siens, sauf de Julie, une nièce qui l’avait idéalisé. Elle le visite assidûment pour le délivrer de sa maladie. Peine perdue! Mathieu, un employé de l'hôpital, lui propose de remonter la filière suivie par cet oncle. Débute alors une enquête semblable à celle d'un polar, qui transporte les protagonistes de l'Angleterre aux Açores. Ce roman d’une grande originalité nous sensibilise aux apparences qui cachent la déchéance des malmenés par la vie, en l’occurrence celle qui découle des relations tumultueuses du héros avec son père. La démarche de Julie la déprime en réalisant que l’oncle qu’elle aimait était un sosie de tous ces artistes merveilleux emportés par leur art comme le démontrent les biopics récents au cinéma, tels que celui d’Édith Piaf ou de Françoise Sagan. Bref, la souffrance humaine prend souvent, malheureusement, un déguisement qui dégoutte au lieu de susciter notre empathie.

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