18 octobre 2008 10h06 · Paul Proulx
À propos l'article Voir Mamma Mia!
Quand Meryl Streep demande à la fin du film Mamma Mia si les spectateurs veulent entendre une autre chanson comme s’il s’agissait d’un spectacle live, plusieurs ont crié oui en chœur. Pourtant, c’est loin d’être la meilleure comédie musicale qui soit. Est-ce le film ou la musique d’ABBA qui leur a plu ? Quoi qu’il en soit, le livret de Catherine Johnson se prête aux sentiments positifs. I have a dream, dit la chanson. «J’ai un rêve, une chanson à chanter pour m'aider à faire face à tout.» Il faut cependant sortir pour trouver son bonheur, comme le recommande Dancing Queen : «Avec un peu de musique rock, tout ira bien.» Si le prospect se laisse désirer, il faut lui chanter Take a Chance on Me : «Si tu changes d’avis, je suis la première sur la liste.» Et si ça ne marche pas, on lance un SOS. L’histoire à l’eau de rose qui découle de ces chansons tourne autour de l’amour d’une femme de 20 ans à la veille de son mariage sur une île grecque noyé de bleu, où sa mère tient une auberge. Mais avant tout, elle souhaite que son père, qu’elle ne connaît pas, lui serve de témoin. Le film dévie alors de sa trajectoire pour se consacrer à la découverte du géniteur aux dépens des rapports entre les tourtereaux, pour, finalement, bifurquer vers les sentiments de la mère. Le décor idyllique se prête bien au sujet, et le nombre impressionnant de figurants bougent suffisamment pour créer un rythme endiablé. C’est la chorégraphie qui fait figure de parent pauvre. On dirait des louveteaux dansant un sertaki autour d’un feu de bivouac, tout en faussant Ani couni chouani. Phyllida Lloyd a cru bon de faire interpréter des chansons anglaises pour un mariage grec, béni par un prêtre catholique dans un pays de religion orthodoxe. En somme, c’est un comptoir digne du buffet de La Stanza : des beans et de la pizza avec du chop suey par un bon dimanche matin.