12 octobre 2008 12h39 · Paul Proulx
Le gouvernement canadien envoie un fonctionnaire afin de participer à l’organisation de la commémoration du 300e anniversaire de la mort de Pierre D’Iberville, décédé et inhumé à La Havane en 1706. En fait, ce n’est qu’un prétexte à une enquête sur les relations entre Cuba et les méchants Péquistes, qui ont offert au gouvernement cubain en 1999 une réplique de la statue de notre héros trônant sur la façade de l’Assemble nationale. Parmi les souverainistes de gauche, existeraient-ils des terroristes, à l’instar des felquistes de 1970, pour préparer un coup fumeux ? Malheureusement, notre espion devient l’arroseur arrosé. Il est pris en otage avec sa femme afin de hâter le retour de Castro sur l’île du lézard, venu se cacher dans les bois de la Côte-Nord québécoise pour échapper au plan machiavélique des États-Unis, décidés de l’éliminer en douce grâce à un sosie qui jouerait son rôle. Analyse humoristique de la situation politique cubaine, qui assit sur la sellette tous les leaders, de Lucien Bouchard à Bush, en passant par les héros de l’Histoire que l’auteur a déboulonnés de leur socle pour qu’ils accourent à la rescousse du Liber Maximo sur leur canot volant comme les personnages de La Chasse-galerie d’Honoré Beaugrand. Au lieu d’éviter les clochers d’églises, ils contournent les baïonnettes américaines dressées pour se défaire de Fidel, le toujours fidèle à son poste par personne interposée. Les héros ne meurent pas, mais, surtout, ils sauront mystifier les lecteurs, qui parcourront cette œuvre agréablement farfelue à l’image de celles de François Barcelo. Andrès, Bernard. Fidel, D’Iberville et les autres. Éd. Québec Amérique, 2007, 215 p.