Mourir de jalousie

14 septembre 2008 10h26 · Paul Proulx

À propos l'article Voir King Lear contre-attaque

La jalousie maladive peut mener au meurtre. Shakespeare a illustré la thématique avec Othello ou le maure de Venise. Le titre de la pièce présentée à l’Espace libre laisse entendre qu’il s’agit de King Lear. En fait, la troupe a fusionné avec succès les personnages des deux oeuvres. Il en ressort un spaghetti ubuesque que les spectateurs ont savouré avec plaisir. Cette parodie désinvolte s’apparente à un spectacle de clowns sympathiques. Sous le couvercle de la naïveté, ils livrent un message existentiel, en l’occurrence la méchanceté qui s’incruste comme un virus pour détruire autrui. Sur ce canevas, on a brodé un spectacle vigoureux. Les répliques cèdent la place à une interprétation nerveuse, tout en gestes et artifices visant à provoquer le rire. Le but est atteint quoiqu’il faille souligner, à certaines occasions, la facilité autant sur le plan verbal que scénique, comme ce passage du «mort» de Venise qui fouille dans son pagne un mouchoir à donner à sa belle en guise d’amour. Les faiblesses ne nuisent pas au spectacle, joué dans un décor qui dénote aussi un manque de budget. Mais les comédiens suppléent à ces carences par un jeu dynamique très  crédible, qui s’adresserait à un auditoire plus jeune. Catherine Larochelle, déguisée en femme chat, se signale particulièrement dans la peau du méchant Iago. La pièce prend fin avec un digestif inattendu, mais d’époque, en réunissant les comédiens pour interpréter Greenleaves, un air d’un compositeur inconnu, qui faisait les délices du roi Henri V111.

Classé dans :  Non classé
Mots-clés : 

Ajouter un commentaire

Requis
Requis (ne sera pas publié)
Optionnel

Branchez-vous

Pour vous connecter veuillez d'abord vous identifier. Vous pouvez aussi créer un compte.

Catégories