22 juillet 2008 9h14 · Paul Proulx
Ces nouvelles suivent le trajet des héroïnomanes montréalaises, qui fréquentent le Plateau Mont-Royal. La rapine y est plus facile à pratiquer. Librairies et magasins d'alcool sont les cibles les plus souvent visées afin de se procurer le viatique salvateur. Ce sont de bien tristes histoires de dépendance à la came, le nouveau pain béni par nos anges déchus. Des histoires de tunnel sans issues, tellement le sevrage dépend du miracle pour s’en libérer. Le quotidien infernal du junky éclairera peut-être les paumés qui aimeraient devenir citoyens du pays des béquilles. Malheureusement, ils ne prennent pas la peine de se renseigner avant d’emprunter le couloir des psychotropes, qui conduit chez le psychologue. Aveuglément, ils atteignent le fond du baril avant de vouloir en remonter alors qu’il est parfois trop tard. Le recueil parcourt l’univers des cheminements autodestructeurs sous la plume d’une auteure qui connaît le tabac et autres produits nocifs. Le vécu transpire de cette oeuvre qui pourrait plaire à tous les «fuckés» de la terre. L’autopsie est assez convaincante des conséquences funestes de l’héroïne. Mais, hélas, l’attrait du danger est une invitation que, souvent, on n’ose refuser pour se prouver que rien ne peut ébranler la carapace que l’on se construit. Au plan littéraire, le recueil fait figure de parent pauvre. L’écriture estudiantine se retient de ne pas succomber à la tentation du lyrisme. Il en résulte une analyse clinique qui refroidit l’empathie. L’intention est louable, mais son expression réduit son retentissement à cause de la maîtrise approximative de l'art du genre, un peu à l’exemple des Beaux Survivants d’Emmanuelle Turgeon.