27 juin 2008 9h21 · Paul Proulx
La Société des poètes disparus est un film qui met en vedette des étudiants formés en cercle secret pour canaliser leur engouement envers la poésie. Dans Le Rouge idéal, Jacques Côté ressort le canevas qu’il adapte au cadre du polar. Supervisés par un professeur émérite, des étudiants du Séminaire de Québec se regroupent eux aussi en cénacle, baptisé thanatos, afin d'apprivoiser la réalité de la mort. En scrutant les textes sur le sujet des grands auteurs, l’un des jeunes développe des pulsions de mort. Comme dans Les Fleurs du mal, il est porté à profaner la femme en lui « infusant son venin ». Sa déviance le conduit même à la nécrophilie que Jacques Côté traite avec circonspection. Pour le débusquer, les détectives sont soutenus par un médecin légiste qui parvient à relier les différents meurtres commis sur le campus à un seul et même psychopathe, qui cherchait « la fleur qui ressemble à son rouge idéal ». Ce roman rappelle Notre prison est un royaume de Gilbert Cesbron. L’auteur posait la problématique de la responsabilité d’un professeur à l’égard du suicide de l’un de ses élèves. Le questionnement s’applique au Rouge idéal de Jacques Côté. Quoi qu’il en soit, son œuvre associée à la littérature est un véritable polar bien intégré à la ville de Québec, qui exige un surplus d’énergie aux policiers à cause de sa géographie accidentée. Leur enquête est un road novel urbain qui s’arrête à ses institutions scolaires et à ses bars, qui s’étalent du bas de la falaise au château Frontenac en passant par Sainte-Foye. Bref, un roman réussi qui témoigne d’un microenvironnement secoué de tout bord tout côté.