12 décembre 2007 12h57 · Paul Proulx
À propos l'article Voir Bach à Noël
Sans baguette, les petits gestes vifs et discrets de Maestro Kent Nagano fondaient, dans un tout harmonieux, orchestre, chorale et solistes. Conduisant cet ensemble sans prendre la vedette par l’amplitude gestuel, il a fourni l’occasion de méditer l’Évangile de Saint-Luc lors de cette messe de Noël célébrée en ce 11 décembre à la Place-des-Arts. Il s’agit de chants liturgiques composés par Bach, qui racontent la nativité du sauveur du monde selon les Églises chrétiennes. La salle Wilfrid-Pelletier s’est donc transformée en immense cathédrale, remplie à pleine capacité par des fidèles recueillis, qui suivaient avec leur Prions en Église (le programme) ce qui se psalmodiait. Le ténor Michael Schade et la mezzo-soprano Doris Soffel ont fait vibrer l’assistance par la pureté de leur voix. Supportés par 80 choristes et l’orchestre symphonique, ils ont livré leurs cantates avec une conviction qui a fait honneur à la Parole de Dieu. Cette musique n’a rien à voir avec les « tounes » des fêtes que l’on entend dans les centres commerciaux. Ce sont des cantiques inspirées par l’espérance, mais que la liturgie retient de se transformer en exubérance primesautière, ce qui n’interdit pas aux cuivres et aux flûtes d’éclater pour le Gloria in excelsis Deo (Ehre sei Gott clame-t-on en allemand) et pour le chant final qui exalte la joie d’être enfin sauvés. L’Oratorio de Bach a été interprété avec la retenue qui convient à la liturgie. Il ne s’agit pas d’une messe yéyé, mais ça n’empêche pas de sentir le bonheur du peuple qui vient de se voir accorder le salut. D’un bond, l’assistance s’est levée pour applaudir longuement cette bonne nouvelle à la dernière note de « weil unsre Wohlfarst befestiget steht » (Notre salut est assuré.)