11 octobre 2012 14h25 · Paolo Mitriou
Je suis profondément déçu par le recul du gouvernement du Parti Québécois sur la question de la taxe santé. Je milite activement pour ce parti depuis près de 40 ans et je ne pensais jamais voir le PQ descendre aussi bas pour conserver le pouvoir. Ce gouvernement se devait, par honnêteté, d’appliquer à la lettre son programme électoral su le sujet de la taxe santé. Une poignée de braillards ont décrié la fermeture de Gentilly-2. Et puis après? Des millions de québécois se réjouissent de la fermeture de cette centrale nucléaire dangereuse et coûteuse. Une poignée de braillards ont décrié le fin de l’industrie de l’amiante. Et puis après? Des millions de québécois se réjouissent de la fermeture de cette industrie de la mort.
Et voilà que le gouvernement plie les genoux face aux premières lamentations des plus fortunés qui monopolisent les médias pour se plaindre. Ça donne quoi d’élire le Parti Québécois s’il se comporte comme le PLQ ou la CAQ? Le PQ doit appliquer à la lettre son programme. Ce n’est pas parce que des braillards qui représentent de 2 à 3% des québécois ruent dans les brancards que le gouvernement doit reculer. L’abolition de la taxe santé représentait un gain pour plus de 90% des québécois. L’opposition avait beau menacer le gouvernement de le renverser à la première occasion s’il ne reculait pas sur ce dossier, je suis convaincu qu’elle n’aurait pas osé. Pourquoi? Parce que ce gouvernement tenait enfin ses promesses et avait commencé à récolter un bon bagage de respect. Aussi, si le gouvernement s’était tenu debout et que l’opposition l’aurait renversé je suis presque sûr que les québécois auraient reporter le PQ au pouvoir avec un gouvernement majoritaire. Pour une fois que les québécois sentaient qu’un gouvernement respectait ses promesses…
En plus l’argument de l’impôt rétroactif « non annoncé » ne tenait pas la route. Il était clair que l’abolition de la taxe santé s’appliquait à partir du premier janvier 2012, que le gouvernement voulait compenser la perte par des augmentations des impôts pour les plus riches et que donc, forcément, ces augmentations étaient rétroactives comme l’abolition de la taxe santé. Les riches gueulards on fait semblant de ne pas avoir compris cette règle logique alors qu’ils l’avaient probablement fort bien comprise. J’en ai marre de ces riches qui monopolisent les médias pour se plaindre et qui sont incapables d’accepter les règles démocratiques. Nous avons enduré le gouvernement Charest pendant 9 ans et demi même s’il était constamment impopulaire. J’aimerais que les riches acceptent avec le même respect le verdict populaire. Ça donne quoi la démocratie si une poignée de gros braillards fortunés peuvent toujours imposer leurs règles dans n’importe quelle circonstance?
Françoise David (que je n’aime pas particulièrement) a été la seule à réagir correctement en reprochant au nouveau gouvernement d’avoir succombé aux menaces irrationnelles des mieux nantis qui se lamentaient. J’espère que le nouveau gouvernement va revenir à la raison rapidement et gouverner en fonction du programme qui les a fait élire et qu’il saura ignorer les pauvres riches qui ne respectent pas la volonté de la majorité. En plus quand j’entend dire que les 2 tiers des québécois n’ont pas voté pour ce gouvernement j’enrage. C’est un argument qui ne tient pas. Le précédent gouvernement n’a jamais été élu par une majorité de la population et pourtant la population s’est pliée à ses volontés. Quand il y a plus de deux partis qui luttent pour le pouvoir il y a de grandes chances que le gouvernement ne soit pas élu par une majorité de votes.
Paolo Mitriou