Ventre de Steve Gagnon: une pièce troublante.

17 janvier 2013 8h14 · Normand Parisien

À propos l'article Voir Dissection de l’amour

Le spectacle Ventre, produit par le Théâtre Jésus, Shakespeare et Caroline, a été amplement critiqué jusqu’à maintenant. Parce qu’elle l’a trompé, le couple s’est séparé et ces deux-là vivent séparément cette épreuve. Elle tentera donc de réparer les pots cassés en se rendant chez lui en pleine nuit. Méchante piaule, crasseuse à souhait, que nous découvrons avec une multitude de bouteilles et cannettes vides qui traînent sur des draps à la propreté plus que douteuse. La tapisserie décolle des murs et seule une baignoire semble meubler ce taudis. Cet accessoire prendra beaucoup d’importance dans ce spectacle.

Si les textes s’apparentent à 2 monologues variant du trash à la poésie, il y a aussi des  passages où ces 2 paumés discutent ensemble. Au théâtre, je suis le genre de spectateur qui préfère l’action plutôt que les textes. C’est la comédienne qui prend constamment l’initiative, son partenaire restant assez amorphe. J’étais agacé par le fait que cet acteur restait les bras ballants alors qu’elle lui demandait de la serrer dans ses bras: un homme normal l’aurait enlacée ou repoussée. Les attouchements prennent de l’importance. On est vraiment loin d’une comédie et ce n’est pas un spectacle pour se changer les idées. Les textes seraient de l’acteur Steve Gagnon.

Ce spectacle est présenté sous forme de tableaux dont les titres sont projetés sur le mur. L’utilisation de la baignoire permettra un rapprochement qui sera marqué par de la nudité.  Visuellement c’était réussi, car la nudité de ces 2 corps détonnait par rapport au décor laid et crasseux. Ce passage permettra aussi un relâchement de la tension conflictuelle, un vrai baume pour moi, car cette atmosphère triste me semblait pénible. J’avais déjà vu des chorégraphies qui utilisaient les baignoires en cours de spectacle, mais dans le cas de Ventre, cette utilisation se prolongeait et c’était particulièrement réussi.

J’aurais aimé en savoir plus sur les comédiens (Marie Soleil Dion / Steve Gagnon) et  lire un texte d’explication du metteur en scène (Denis Bernard). Malheureusement le programme qui est habituellement remis aux spectateurs était remplacé par un tableau d’affichage, dans le lobby, à la porte de la salle. Le spectacle durait environ 1h15 et était présenté à La Petite Licorne. Le rabais de la Carte Prem1ères en faisait un spectacle très abordable.

Une image me hante: lorsqu’elle lui demande un fruit, il lui en offre un qui est visiblement moisi. Le public, qui faisait presque salle comble ce samedi après-midi, riait parfois, mais je trouvais que l’atmosphère n’était pas à la farce. Je conserverai un souvenir assez ambivalent de cette histoire d’amour qui me mettait mal à l’aise. J’ai pourtant apprécié tout le reste. J’espérais qu’un rayon de soleil illumine cette piaule pour leur remonter le moral, tout en nous offrant une fin heureuse.

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