II (deux), coproduit par le Théâtre du Nouvel-Ontario.

28 octobre 2012 14h55 · Normand Parisien

À propos l'article Voir Tragédie paranoïaque

Présenté à l’occasion du Festival de théâtre à L’Assomption (FAIT 2012), le spectacle II (deux) nous arrive d’Ottawa. Il a été traduit et adapté pour le Québec à partir du texte du dramaturge ontarien Mansel Robinson. On nous présente les interrogatoires d’un mari (policier) et de son épouse (commerçante) pour une histoire centrée sur la lutte contre le terrorisme international. Le décor fait penser à une cellule d’interrogatoire d’un organisme gouvernemental et est meublé par seulement 2 chaises. Les textes prennent donc beaucoup d’importance.

Habituellement, ce genre de théâtre à textes me laisse assez froid, mais cette fois-ci ce n’était pas le cas : ces 2 acteurs sont venus me chercher, comme le reste du public. Jean Marc Dalpé interprète le personnage d’un policier ancien style (Mercier) fou d’amour pour son épouse (Maha) aussi Tunisienne que musulmane. Interprété par Elkahna Talbi, ce personnage féminin offre l’exotisme nécessaire en récitant son texte avec un petit accent qui contraste avec celui très «terroir» du policier.

J’ai cru en ces personnages et j’ai assisté au doute qui s’installe tranquillement dans ce couple suite à un attentat terroriste d’une époque post-11 septembre. Maha cache quelque chose, et son mari policier le sent, tout en la soupçonnant du pire. Une paranoïa bien américaine s’installe entre ces 2 époux. Il y a un personnage nommé Ka (amoureux secret) et aussi des enquêteurs : ils ne font pas partie de cette distribution formée de 2 acteurs seulement.

On nous présente cette histoire d’une façon qui n’est pas linéaire : le début est nécessaire pour comprendre la fin. Je suis passé par toutes sortes d’émotions. Une période de questions, à la fin du spectacle, nous aura donné l’occasion de nous interroger sur la différence entre les guerres conventionnelles entre états, et la guerre contre le terrorisme qui semble plus diffuse.

Les mesures de sécurité dans les aéroports nous touchent, mais retrouve-t-on une telle paranoïa, contre les Arabes, dans nos services policiers québécois? Ce spectacle était des plus intéressant, bien que je m’interroge s’il n’était pas un calque, de la société américaine, transposé au Québec. II (deux) effectue une tournée provinciale présentement. C’est toujours un plaisir pour moi de voir ces spectacles qui nous arrivent du reste du Canada. Cette coproduction du Théâtre du Nouvel-Ontario et du Théâtre de la Vieille 17 a fait mon bonheur. La durée est d’environ 1h15. Mon évaluation : ****

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