11 octobre 2012 11h05 · Normand Parisien
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C’est le genre d’évènement qui se produisait dans les anciennes guerres : un époux que l’on croyait mort au combat, revient soudainement au domicile familial. Dans cette cellule familiale, qui est en mode survie, la mère et ses 2 filles sont aidées, depuis de nombreuses années, par le frère (oncle) de cet époux. Inutile de dire que l’époux qui revient du champ de bataille n’est pas désiré, car avec son infirmité de guerre (aveugle), il représente une charge supplémentaire pour cette famille. Dans ce spectacle, nous assisterons à un ré-équilibrage hypocrite dans cette cellule familiale, où tous les coups sont permis.
Lars Norén (dramaturge suédois) semble apprécier les histoires sanglantes. Guerre du Théâtre de l’Embrasure était la deuxième pièce que je voyais de cet auteur, la première étant Le 20 novembre de Sybillines (critique 13-03-11 dans les archives de mon blogue). C’est avec une distribution de 5 acteurs (3 femmes, 2 hommes), dont plusieurs sont gradués de l’UQÀM, que toute cette histoire se déroulera devant nous durant environ 1h 20. J’ai bien aimé la proximité avec les acteurs sur scène, que nous offrait la salle intime (sous-sol) du Théâtre Prospero. L’action semblait se dérouler dans le nord de l’Europe, voilà 70 ans, et les acteurs récitent leurs textes avec un accent européen.
Ce spectacle laissait une impression assez jeune avec ses cris, bousculades et objets brisés. J’ai particulièrement apprécié le travail de la comédienne (Isabelle Monpetit) interprétant le rôle d’une jeune fille de 12 ans. Ces 2 soeurs ont vieilli en l’absence du père qui, sans les voir, ne se gène pas pour les tripoter. Évidemment, il exige aussi certains rapprochements conjugaux avec son épouse, alors qu’elle le repousse. L’hypocrisie du père (cocu) n’a d’égale que celles des autres membres de la famille (prostitution). Avec un tel thème, ce spectacle restait un peu sexy, mais sans devenir trash.
Pour leur première production, ce thème est un peu lourd et le spectacle s’en ressent. Les abus se succèdent et les différentes séquences de cette pièce sont divisées par l’usage d’un stroboscope, ce que je n’ai pas aimé particulièrement. Le décor est minimaliste, avec un plafond suspendu et éclairé, qui fait penser à celui d’une demeure moderne alors qu’au sol, il n’y avait que quelques couvertures. Ce dénuement peut s’expliquer par la pauvreté de cette famille, mais j’aurais préféré l’ajout de quelques accessoires peu dispendieux comme une table, une commode ou un divan. C’était un spectacle offert au tarif de Carte Premières. Mon évaluation : ***