21 janvier 2012 12h47 · Normand Parisien
À propos l'article Voir Requiem pour un trompettiste: à l'affiche dès ce soir à Espace Libre
J’ai assisté à l’avant-dernière représentation de cette création franco-ontarienne qui était vraiment à mon goût. Requiem pour un trompettiste se passe dans les années 50, alors que l’Hôtel de Ville d’une petite municipalité fait face à un problème d’hygiène publique ayant provoqué la mort de plusieurs contribuables. Les employés municipaux tentent de couvrir ce scandale et de couvrir aussi le maire de cette petite ville. Ce maire se mettra les pieds dans les plats, au même moment, avec une histoire de moeurs qui portera atteinte à sa réputation de politicien.
La scénographie était impressionnante avec cette scène divisée en 2 parties adossées une à l’autre: la mairie et une chambre d’hôtel. Les spectateurs changeront de côté lors d’un entracte ce qui nécessite un cheminement dans les couloirs souterrains de cette ancienne caserne de pompiers. Nous étions tous équipés avec des appareils style walkman et un casque d’écoute. C’était nécessaire pour entendre les acteurs et différents bruits tels que cette musique d’ambiance qui jouait continuellement. Les acteurs des 2 côtés de la scène ne pouvaient pas se nuire de cette façon en récitant leurs textes. Malgré toute cette technologie, tout semble s’être déroulé rondement lors de cette représentation.
J’ai particulièrement apprécié l’aménagement du bureau du maire avec ses classeurs, photos de la reine et de John Diefenbaker, les dactylos, le ventilateur et les lampes métalliques flexibles. Pour ce qui est de la chambre d’hôtel, l’unique femme de cette distribution de 6 acteurs, nous apparaît en tenue d’Ève en attente de monsieur le maire. J’ai trouvé adorable les textes de ces 2 personnages qui semblent aux antipodes, le maire étant brutal autant en gestes qu’en paroles. Je n’ai pas aimé cette odeur de fumée de cigarette qui envahissait les 2 côtés de la scène: elle était vraiment incommodante, car les personnages semblaient fumer sans arrêt. L’utilisation des téléphones était redondante.
Le Théâtre Espace Libre qui présentait Requiem pour un trompettiste, produit par le Théâtre La Tangente (Toronto), a fait un bon choix et je crois que les créations de cette compagnie théâtrale devraient être présentées plus souvent au Québec. S’inspirant du désastre de l’aqueduc de Walkerton et du cynisme des politiciens, c’était un spectacle dans lequel j’ai embarqué. J’aime bien ces productions qui proviennent des autres provinces ou des régions éloignées du Québec: il faut faire preuve d’une certaine solidarité culturelle. Le spectacle durait un peu plus de 1 h 30 et le public semblait enchanté.