14 janvier 2012 23h12 · Normand Parisien
Le Conservatoire d’art dramatique présentait, au Théâtre rouge, un débat autour des dramaturges William Shakespeare et John Florio. Pendant 2 heures, l’auteur Lamberto Tassinari (John Florio-The man who was Shakespeare) a fait face aux arguments de 3 autres panellistes. Tous ces participants semblaient se connaître de longue date et s’appelaient par leurs prénoms. Ce débat avait été organisé par la revue Jeu en association avec la direction du Conservatoire de Montréal. J’y ai rencontré brièvement Christian Saint-Pierre, directeur de la revue Jeu et ancien responsable de la section théâtre au Voir qui représentait son entreprise. Michel Vaïs, qui est rédacteur à cette revue, servait d’animateur lors de ce débat.
L’hypothèse de Lamberto Tassinari met en doute que Shakespeare soit l’auteur de son oeuvre qui aurait été rédigée par John Florio, un italien vivant en Angleterre. Les preuves avancées datent de 400 ans, ce qui pourrait expliquer beaucoup de disparitions de textes. De plus, les droits d’auteur n’existaient pas à l’époque de Shakespeare et le copiage était une pratique établie entre les artistes. Le travail collectif était aussi une pratique répandue ce qui pouvait amener toute sorte d’influences culturelles. J’ai appris à cette occasion que les acteurs ne portaient pas de costumes autres que leurs vêtements personnels. Les textes étaient donc de la plus haute importance. Avec mes yeux de spectateur, une pièce de Shakespeare sera toujours remaniée par un metteur en scène à chaque nouveau spectacle.
Je ne donne pas beaucoup de crédibilité à cette hypothèse qui rappelle le film Anonymous et aussi la tendance actuelle à douter de tout comme pour la théorie du complot au sujet de la destruction du WTC, l’Homme qui a marché sur la lune, la mort d’Adolph Hitler ou d’Elvis Presley. Le public était nombreux à ce débat, l’admission étant gratuite. Tout s’est bien passé, sauf pour un malentendu au sujet de la durée de cette présentation qui a duré 2 heures au lieu des 3 heures annoncées. C’est la période de questions des spectateurs qui est presque disparue à cette occasion. Quelques rares spectateurs ont réussi à s’approcher des micros qui leur étaient destinés pour poser une question alors que le directeur du Conservatoire disait que c’était terminé. Je suis surpris que des gens se préoccupent de l’auteur véridique d’oeuvres datant de 400 ans.