30 octobre 2011 23h24 · Normand Parisien
Mireille Tawfik nous offrait son 1er spectacle solo dans le cadre du Festival de théâtre à L’Assomption (FAIT). C’est une jeune comédienne énergique que j’ai aperçue courir à grande vitesse dans les couloirs du collège peu de temps avant son entrée en scène. Sur scène, elle est porte-parole d’un groupe de pression nommé «Ni putes, ni soumises». Avec une bonne dose d’humour, elle aime jouer sur les mots: le nom de sa compagnie théâtrale est Face de Râ. En français, c’est à double sens. Il faut savoir que Râ était le dieu solaire en Égypte ancienne. À l’époque du règne des pharaons, ceux qui pratiquaient une religion croyaient en plusieurs dieux, et non à un seul dieu comme aujourd’hui. De plus, le titre de son spectacle est sûrement basé sur la chanson à succès (1986) du groupe The Bangles «Walk like an Egyptian».
Dans son spectacle on la voit passer de Montréal au Caire (Égypte). Elle se livrera à une quête identitaire dans des milieux où les femmes ne doivent pas poser de questions, car c’est mal vu par les hommes. Elle fera son voyage par avion, en taxi et aussi à pied en voyant les pyramides, des chameaux et des quartiers mal famés. En direction de nulle part, en Haute Égypte, son périple se compliquera. Elle nous parle des relations intercommunautaires entre les chrétiens coptes et les musulmans, des athées et de l’influence du mouvement islamiste au Caire. Une recherche historique la portera à parler de la répression, de la guerre de 6 jours avec Israël et d’un parent qui a été oublié en prison durant des décennies.
Partiellement autobiographique, son histoire nous est racontée pendant 70 minutes avec humour. Les relations culturelles ici et là-bas avec les différences de société sont abordées. Un choc entre les générations occupe une part importante dans ce spectacle. Elle porte brièvement un voile islamique alors qu’à d’autres moments c’est en tenue sport, avec sac à dos, qu’elle fait son spectacle. Elle se débrouille bien avec les langues, en incluant un peu d’anglais et d’arabe dans son texte. Le décor comprend un coffre et surtout ce qui ressemble à 3 cadrages de portes orientables de la verticale à l’horizontale. Il y a aussi de la musique égyptienne pour agrémenter le récit. Les informations internationales, à la TV, nous parlaient récemment d’affrontements interreligieux au Caire. Très sympathique, Mireille Tawfik rapprochait les cultures à cette occasion.