22 janvier 2011 20h31 · Normand Parisien
À propos l'article Voir Beauté, chaleur et mort
Beauté, chaleur et mort était présenté par le Projet Mû au Théâtre La Chapelle. C'était le 2e spectacle que je voyais de la part de ce groupe artistique. Endormi(e) avait l'avantage d'être un spectacle de théâtre conventionnel avec une histoire sordide, mais fictive et des acteurs qui donnaient une réalité à leurs personnages. La critique d’Endormi(e) est toujours disponible dans les archives de mon blogue (29 octobre 2009). Beauté, chaleur et mort ne serait pas fictif, mais ferait partie du vécu des membres d'une cellule familiale que l'on retrouve sur scène. Le père, la mère et leurs 2 enfants sont sur la scène lorsque les spectateurs arrivent dans la salle. On nous explique que 10 ans auparavant la naissance d'un nouveau-né, non viable à cause d'une malformation, créera une tragédie au sein de ce couple.
Si, dans la brève scène de Christian Saint-Pierre, il est mentionné que c'est un docu-fiction, les acteurs nous indiquent qu'il s'agit au contraire d'une histoire vraie qui les a touchés personnellement. Qui faut-il croire? Je connaissais la télé-réalité, mais j'ignorais si le théâtre-réalité existait aussi et le spectacle auquel j'ai assisté se classait probablement dans ce nouveau genre. Un retour en arrière est fait par ce couple depuis la conception de ce bébé, l'accouchement et la mort de celui-ci. L'atmosphère dans la salle était lourde, car les larmes coulaient à flots sur la scène, en plus d'une période dépressive et de culpabilisation suite au deuil. Durant les 80 minutes de ce spectacle, ces 2 adultes ont exposé leur intimité aux yeux des spectateurs. L'affiche du spectacle vaut mille mots à elle seule.
Ce n'est pas un spectacle que j'ai apprécié, car je trouvais qu'il y avait une sensibilité exacerbée et que ce n'était pas le genre de spectacle pour se changer les idées. Endormi(e) était plus à mon goût. De plus, mes critiques touchent habituellement à la scénographie (décors, éclairage, costumes), mais cette analyse ne s'applique pas à ce spectacle. Dans Beauté, amour et mort, il aurait fallu que je critique des larmes, de l'émotivité et une détresse affective : je ne me sens pas à la hauteur de cette tâche. Il reste que ce spectacle était offert à rabais, à cause du tarif de la carte premières, mais malgré tout la salle était à moitié vide. Je m'interroge sur l'utilité d'un tel genre de présentation théâtrale que je trouve assez gênante. Malgré une thématique quasi mortuaire, le public a applaudi à la fin, mais avec modération.