Des peintres avec conscience sociale.

1 mars 2010 14h29 · Normand Parisien

À propos l'article Voir Peintres juifs de Montréal Témoins de leur époque, 1930-1948

Dans une des salles du musée McCord, des tableaux et des dessins sont exposés à l'occasion de l'exposition Peintres juifs de Montréal. Je n'étais pas spécialement attiré par ce lien entre la peinture et la religion de ces artistes-peintres. Ils ont en commun le fait d'avoir quitté les pays d'Europe de l'Est pour échapper à la répression que subissaient leurs coreligionnaires. Ces peintres juifs sont arrivés à Montréal au début du siècle précédent (1910-1920) et se feront remarquer 10 ans plus tard à cause de leur production artistique. Ils se concentraient sur des sujets comme les quartiers de Montréal, leurs habitants et la critique sociale. Les autres peintres québécois, à cette époque, se concentraient surtout sur le terroir, les paysages et la recherche identitaire. C'est au pinceau, au crayon et au fusain que ces peintres juifs représenteront des chômeurs, des prostitués ou la file d'attente pour la soupe populaire. Cette exposition est divisée en 4 sections: la ville, l'homme dans la ville, la guerre et portraits.

La crise économique et la guerre qui suivra ont permis de représenter des personnages de façon sarcastique. Des images de Maurice Duplessis, Norman Bethune, Adolf Hitler et son implication dans la guerre d'Espagne, et de la résistance dans les pays occupés (1943) sont particulièrement intéressantes. Harry Mayerovitch semble avoir produit les oeuvres le plus frappantes dans cette exposition. Ses affiches et sérigraphies sont tout simplement propagandistes. Il faut voir cette représentation caricaturale de Benito Mussolini (Les portes d'été 1943) et aussi cette affiche pour un film de l'ONF qui représente les travailleurs comme des héros de guerre. Cela laisse une impression un peu soviétique (stalinienne). Un tableau représente aussi les différences entre la vie sur le front européen et celle d'ici. C'est le thème de «Home front» qui met en opposition sur le même tableau la contrebande et l'insouciance d'ici avec la famine et la guerre en Europe. Même si cette exposition est intéressante, elle doit être vue conjointement avec le reste (Irlandais O'Québec, Simplement Montréal) de ce qui est offert dans ce petit musée, car elle est assez restreinte pour ce qui est de la surface d'exposition.

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