27 février 2010 9h49 · Normand Parisien
À propos l'article Voir Homo Faber
Homo Faber était présenté par le Parabolik Guérilla Théâtre. La salle Aux écuries permettra aux 5 acteurs (3 femmes+ 2 hommes) de nous offrir un spectacle qui se démarque de ce qui est présenté habituellement. Pas de textes, ni d'émotions, mais plutôt un spectacle éclaté auquel on assiste en se demandant qu'est-ce qui se passe. Je m'interrogeais à savoir si les acteurs représentaient des automates, des travailleurs hébétés par la routine ou des militaires suivant les ordres. L'atmosphère est lugubre et glauque dans cet univers mécanisé où un homme sera fabriqué. Je crois que le titre latin Homo Faber signifie, en français, homme fabriqué. On retrouve ces acteurs portant des uniformes, le regard fixe, le teint gris, et se déplaçant avec une démarche saccadée, tels des automates. Les quelques mots ou cris qui sont exprimés le sont par l'intermédiaire d'un microphone, porté par les acteurs, qui rendra un son sourd, fortement distortionné et avec beaucoup d'écho. Des sirènes d'alarme marquent le début et la fin d'une journée de travail.
Cet univers industriel est représenté par des convoyeurs, un appareil ressemblant à la cuve d'une laveuse-sécheuse et à un moule pouvant former un nouvel automate avec des réactions plus ou moins humaines. Des vidéos apparaissent sur les 6 écrans ajoutant une certaine confusion chez le spectateur. Un bébé (très laid), des parents, une shaman avec panache de cervidé, un homme ressemblant à Hitler, un accouchement en direct et des organes humains servant à assembler un nouvel homme suffiront à déstabiliser les spectateurs. Le public, à la fin du spectacle, se demandait si c'était terminé ou si quelque chose d'autre allait lui tomber dessus. C'est un spectacle qui renferme un trésor d'imagination et beaucoup de travail. Pendant un peu plus de 1½ heure, ce spectacle qui se termine aujourd'hui aura surpris les spectateurs avec son style de théâtre expérimental. Je trouve difficile de résumer ce spectacle, car il prend trop de directions, mais c'était l'occasion de découvrir cette production théâtrale telle un insecte étrange qu'on examine en tous sens. Cela pouvait faire penser à la création de Frankenstein, un personnage d'un roman d'épouvante du 19e siècle.