20 février 2010 22h00 · Normand Parisien
À propos l'article Voir Ensemble Constantinople
L'ensemble Constantinople présentait El grito, El silencio au Théâtre Hector-Charland pour une unique représentation. El grito (le cri), El silencio (le silence) est basé sur les traditions musicales espagnoles (Andalousie) en ce qui concerne les romances du flamenco. Les membres fondateurs de L'ensemble Constantinople ont une culture persane (Iran) et sont passionnés par la musique ancienne. Cette musique est si ancienne qu'elle remonte au moyen-âge (13e au 15e siècle) et les instruments de musique utilisés s'inspirent de cette époque. Comme ces instruments attisaient la curiosité des spectateurs, le directeur artistique Kiya Tabassian s'est fait un devoir de les décrire et de les nommer. Contrairement aux orchestres modernes, L'ensemble Constantinople utilise uniquement des instruments à cordes acoustiques et des tam-tams pour ce spectacle. Cet instrument qui ressemblait à un violoncelle est nommé viole de gambe alors qu'un autre, à la forme bizarre, se nommait sétar. Les tam-tams sont syriens et portent aussi des noms étranges comme tombac.
La seule femme qui fait partie de la distribution, Rosario La Tremendita, s'occupait du chant (lyrique) alors que les 4 autres hommes s'occupaient de la musique. Le noyau du groupe est formé de 3 hommes qui s'allieront temporairement à d'autres chanteurs ou musiciens en fonction des spectacles qu'ils présentent. Ils sont présentement en tournée et offrent 4 différentes influences culturelles. Ils étaient tous habillés en noir ce qui donnait une apparence sévère à leur groupe. Le programme remis aux spectateurs est de toute beauté, car il ressemble à une mappemonde illustrée comme si c'était un document médiéval. Durant 1¾ heure, incluant l'entracte, ils nous ont transportés très loin du milieu culturel que l'on retrouve habituellement dans la région de Lanaudière.
Une agréable surprise attendait la centaine de spectateurs qui assistaient à ce spectacle. Les artistes avaient organisé la scène pour y accueillir les spectateurs avec des chaises, des tables et un petit bar. Toute cette installation créait une atmosphère de cabaret ainsi qu'un spectacle plus intime, car la salle du Théâtre Hector-Charland est assez vaste et cela éliminait l'éparpillement des spectateurs. Nous sommes donc passés d'un spectacle avec des sièges numérotés réservés à un spectacle avec admission générale. Cela faisait mon affaire, car la paire de billets de faveur gagnée en participant au concours du VOIR me plaçait assez loin de la scène alors qu'avec ce style cabaret, j'étais juste devant les artistes. Les artistes se contentaient d'une petite scène formée par ces plateformes en bois d'environ 1 pied de hauteur. Bien assis sur leurs chaises, avec leurs instruments antiques, ils nous ont offert un spectacle que j'ai bien apprécié.