16 février 2010 15h04 · Normand Parisien
À propos l'article Voir Mein Kampf. Histoire d'un livre
La bataille du front de Stalingrad aura été un moment charnière lors de la 2e guerre mondiale. C'était le début de la fin pour l'Allemagne nazie (3e Reich) qui espérait s'emparer des réserves pétrolières du Caucase. Dans son Mein Kampf, Hitler énonçait ses idéaux réactionnaires, mais Antony Beevor dans son Stalingrad donnera un aperçu des conséquences qui résultent d'idées qui peuvent sembler théoriques au départ. Hitler avait donné l'ordre de ne pas respecter les lois de la guerre sur le front soviétique alors les pertes en vie humaine (26 millions) ont été très élevées tout au long de cette campagne militaire. Même la reddition de la 6e armée allemande à Stalingrad ne sauvera qu'une minorité de ces prisonniers de guerre qui ne survivront pas à leur captivité. Dans ce livre, Hitler et Staline ont des affinités de caractères. Ces 2 fanatiques font peu de cas des pertes de leurs armées respectives et encore moins de l'avis de leurs généraux: ils font souvent de cette guerre, une affaire personnelle. L'auteur signale que les cas de trahisons, de désertions et d'automutilations sont très répandus au sein des 2 armées qui s'affrontent dans des conditions épouvantables.
Dans le cas des Soviétiques, le moindre signe de faiblesse, ou même un manque de motivation étaient suffisants pour faire face au peloton d'exécution. Les soldats soviétiques craignaient autant de se faire tuer par les Allemands en face d'eux que par leurs officiers situés dans leur dos. Les dirigeants de ces 2 pays voyaient des traîtres partout. Le Führer croyait en une guerre éclair (blitzkrieg) qui ne durerait que quelques mois, le temps nécessaire pour obtenir la reddition de l'URSS. L'opération Barberousse lancera 4 millions de soldats contre l'URSS, le 22 juin 1941. C'était un mauvais calcul de la part de Hitler, car son armée devra combattre dans la boue, la neige et le froid glacial pendant des années. L'équipement militaire et les vêtements n'étaient pas vraiment conçus pour un climat semblable.
Au début l'opération Barberousse, la Wehrmacht progressait facilement, car l'armée soviétique avait été désorganisée suite aux purges staliniennes qui avaient fait des ravages parmi les officiers, avant même le début de cette guerre. Le général Paulus affrontera son adversaire Joukov à Stalingrad. Il y a aussi un dénommé Nikita Khrouchtchev dont on entendra à nouveau parler quelques années plus tard lors de la crise des missiles à Cuba. Des détails intéressants sont fournis dans ce livre comme le fait que les pièces d'artillerie allemandes étaient tirées par des chevaux qui devaient être nourris avec du fourrage. Lorsque la 6e armée de Paulus sera encerclée en plein hiver, ces chevaux affamés seront dévorés par des soldats allemands tout aussi affamés et affaiblis par la maladie, le froid et la malnutrition.
Il y avait aussi ces chiens russes, transportant une bombe sur leur dos, qui étaient dressés à se faufiler sous les tanks allemands pour trouver de la nourriture. La Luftwaffe (aviation) croyait rendre service à la Wehrmacht en réduisant en ruine la ville de Stalingrad avec des bombardements massifs, mais ces débris deviendront autant de cachettes idéales pour les militaires soviétiques, avant même que la 6e armée intervienne. Ce bombardement constituera une erreur qui nuira aux Allemands. L'encerclement de la 6e armée sera tel que même l'aviation ne pourra réussir à approvisionner ses troupes. Les conditions pour les blessés de guerre dans les 2 camps étaient horribles la plupart ne recevant aucun soin suite au manque de personnel médical et de médicaments. À la guerre totale de Hitler, Staline lui opposera de nouvelles armes telles que le Katioucha (artillerie), le T-34 (blindés) et le fusil d'assaut AK-47 (infanterie). Ce livre se lit très bien et est accompagné par de nombreuses photos, cartes et statistiques. La lecture des 605 pages de ce livre, réédité à plusieurs reprises, est assez facile. Avec le conservatisme qui souffle sur notre monde, nous devrions tous nous rappeler du danger que continue de représenter l'idéologie nazie. Je serais hostile à l'idée d'enseigner Mein Kampf à l'école.
TITRE : Stalingrad AUTEUR : Antony Beevor ÉDITEUR : Le livre de poche (#15095)