10 février 2010 16h20 · Normand Parisien
À propos l'article Voir Benu
D'bi. Young présentait Benu, un one-woman show, au Théâtre La Chapelle hier soir. Son anitAfrika! dub theatre subit des influences folkloriques africaines et jamaïcaines. Partiellement basé sur ses expériences de vie et aussi sur de la mythologie, elle nous apparaît seule pour nous raconter son conte. Il y a de la magie, de la poésie, de l'humour et tout cela est accompagné par la musique des 2 musiciens présents à l'arrière-scène. Une odeur d'encens flotte dans la salle au moment où les spectateurs prennent place au son d'un violon et d'une espèce de xylophone africain, dont j'ignore le nom, mais qui produit un son très plaisant à l'oreille et qui semble naturel. Le décor est résolument minimaliste, car il est composé d'une unique chaise recouverte d'un drap blanc. Elle-même est habillée en blanc et sera recouverte, par moment, par un autre drap blanc dans ce spectacle qui est plus près du conte que d'une pièce de théâtre. Tout se passe en anglais dans ce spectacle basé sur un accouchement qui laissera la mère en mauvaise santé et il y a une sorte de résurrection personnifiée par un oiseau mythique (phoenix).
Encore une fois son spectacle m'a semblé très féminin. Il serait la 2e partie d'une trilogie, The Three Faces of Mudgu, qui a débuté avec Bloodclaat (critiqué le 30 mars 2008), son personnage (Sekesu Sankofa) étant né lors de ce 1er spectacle et suite à la naissance de Benu, ce nouveau personnage de la nouvelle génération devrait se retrouver dans la 3e partie de cette trilogie. J'ai particulièrement apprécié la musique de ce xylophone africain, qui ajoutait de l'exotisme, tout au long du spectacle: un régal pour mes oreilles. Le décor m'a déçu, car il n'était constitué que de ces draps blancs qui représentaient parfois le phoenix et à d'autres moments un nouveau-né. Dans Bloodclaat, elle m'avait fait forte impression avec son costume de déesse, une image projetée sur le mur et un décor en tôles ondulées. C'est un spectacle qui détonne par rapport à ce qui est présenté normalement, car il y a une barrière culturelle et linguistique à franchir durant environ 55 minutes. Une discussion avec le public fait partie de la fin de ce spectacle, cela lui donnant l'occasion d'expliquer son cheminement, durant 15 minutes supplémentaires. J'aurais préféré un décor et des costumes qui m'en mettent plein la vue, mais c'était un conte qu'elle racontait et dans ce genre de spectacle les décors sont souvent inexistants.