14 mars 2010 11h00 · Normand Paquette
À propos l'article Voir Huis clos
Dès la première réplique de Garcin j'ai pensé " Ça sonne faux" en espérant que Patrice Robiraille remédie à la situation en empruntant un accent moins prononcé. Hélas! il a persévéré tout au long de la pièce et cela gâcha mon plaisir. L'arrivée des deux autres personnages n'arrangea pas les choses, les phrases et les mots paraissaient si peu naturels que l'écoute m'en devint quasiment un supplice. Cette façon de déclamer et de réciter enleva toute émotion à la proposition et je suis ressorti amèrement déçu. J'avais pourtant si hâte de voir cette pièce et je m'en étais fait une fête à l'avance.
Comment adhérer au contenu de la pièce lorsque nous sommes profondément dérangé par le niveau du jeu des acteurs! Il est difficile de rester attentif lorsque ce que vous entendez n'habille pas le texte des émotions nécessaires à son appréciation. Les acteurs jouaient les émotions mais ce qui sortait de leur bouche ne réflétait en rien leur geste.
Huis clos est une pièce importante d'un grand penseur du XXe siècle et son propos est encore très actuel puisque puisant dans ce qui fait l'être humain. Cependant lorsque le seul souvenir restant en mémoire après la soirée est la scénographie et l'ambiance sonore on ne peut dire que les artisans de cette soirée ont réussi leur pari. Je veux tout de même souligner la présence inquiétante et parfaitement convaincante de Sébastien Dodge dans le rôle de l'hôte des ténèbres. Il est vrai qu'il n'avait que quelques répliques…