15 février 2010 9h36 · Normand Paquette
À propos l'article Voir Ruban blanc (Le)
Brillant exercice cinématographique. Du cinéma exigeant à plusieurs niveaux mais qui vaut le travail que le réalisateur nous demande. On peut voir ce film de différentes façons, cela dépendra du niveau d'écoute et de notre culture. Ce n'est pas un film élitiste car le réalisateur ne se regarde pas le nombril.
Un petit village perdu au début de 1912 quelque part en Autriche. Le temps s'assombrit et on sent venir les changements qui feront du 20e siècle une ère guerrière. On suivra les enfants de ce village, ils sont curieux, à l'affût du monde. On sent chez eux le désir de vivre autrement que leurs parents engoncés dans des préceptes moraux et religieux étouffants. Ils désobéissent tranquillement et leur frustration grandit et les rongent. Tout est subtil, dans le non-dit, on est intrigué par le récit et on se demande vers quoi le réalisateur nous précipite. On épie, on guette les moindres soubresauts des protagonistes. On suit cette route sans savoir le bout du chemin, exactement comme les protagonistes dans le film. On est dans le film, on y prend part.
Il y aurait beaucoup à dire de ce film et c'est ce qui le rend dérangeant, on arrive pas à le définir. POur ma part, aujourd'hui, j'en retiens l'atmosphère étrange et fascinant d'une ère nouvelle ou le monde changera et pas nécessairement pour le mieux. J'en retiens la scène de rupture d'un couple la plus cruelle que j'ai vu au cinéma. J'en retiens le jeu extraordinaire des enfants qui réussissent à nous faire croire qu'ils vivent à cette époque. J'en retiens l'intelligence du réalisateur et sa magnifique obssession des détails tant au plan psychologique qu'au plan de la reconstitution des lieux. J'en retiens qu'il me faudra revoir le film pour mieux en apprécier toute la complexité.