29 septembre 2003 8h39 · Normand Paquette
À propos l'article Voir Oedipe à Colone
En fin de pièce, lorsque Oedipe s'en va vers sa mort et disparaît de la scène, on comprend que sans Albert Millaire la pièce s'effondre. Je m'explique; il reste environ dix à quinze minutes avant la fin et j'ai trouvé cela insupportablement long. Je crois sincèrement que cette production souffre d'un manque de direction, ( je sais que Jean-Pierre Ronfard est malheureusement décédé mais je me dois d'être honnête) d'un manque d'unité. Albert Millaire est époustouflant, convaincant en vieil aveugle qui a souffert et qui souffre tous les maux de la terre. Il parvient à nous émouvoir, à nous embarquer avec lui dans son ultime périple. Malheureusement le autres ne m'ont pas convaincu de leurs existences, sauf François Tassé merveilleux en coryphée. Parfois, on se serait cru en pleine répétition, Gabriel Gascon cabotinant un peu, Nathalie Gascon campant une Antigone souffreteuse et pleine de "mimiques" et de tics exaspérant, Jacques Baril récitant son rôle et je n'ose écrire ce que je pense du Polynice de monsieur Legendre…Et puis, ce numéro de music-hall qui arrive tout à coup et qui a fait s'esclaffer le public, c'est d'un mauvais goût…et les chants que l'on entend en coulisse et qui à mon avis n'apporte rien à cette pièce. Par contre, la sortie d'un des personnages pour nous livrer un texte ajouté par Jean-Pierre Ronfard et qui nous fait l'apologie de la vie, vient nous interpeller profondément surtout maintenant que l'on sait la mort de celui-ci. Le savait-il qu'il mourrait ? C'est troublant de s'arrêter sur ceci, sur le choix de cette pièce comme testament, sur l'ajout de ce texte, se savait-il condamné? Reconnaît-on la mort lorsque celle-ci s'approche? Percevons-nous sa présence ? S'annonce-t-elle ? Troublant…