18 septembre 2010 8h55 · Michel Mongeau
Encore une fois, monsieur Godbout nous sermonne avec ses propos tranchants sur la révolution tranquille et ses dérives contemporaines. Peut-on nier la perverse présence de la machine commerciale? Ne doit-on pas s'étonner de ce que le Québec de l'an 2010, se soit éloigné de certaines croyances et promesses de la révolution tranquille?Enfin, je crois qu'il est permis de douter de ses propos plus carrés que ne me semble être la réalité actuelle. Combien de livres, de disques, de spectacles, d'expositions, de pièces de théâtre s'offrent chaque année au public québécois? Peut-être y a t-il moins de ce sentiment que thèmes et projets communs mobilisent le Québec, mais n'y a t-il pas, par ailleurs, davantage de diversité, d'éclatante créativité? Si, comme l'affirme l'auteur des Deux têtes à Papineau, l'ONF ne joue plus le rôle novateur qu'il lui conférait naguère, n'est ce pas le signe que cette institution a vieilli et qu'il incombe à d'autres organismes, moins institutionnels, de prendre la relève? De nouveaux défis s'imposent au Québec d'aujourd'hui. La situation financière, comme le mentionne monsieur Godbout, s'est améliorée depuis les "glorieuses" 60's. Les solutions d'hier sont-elles encore adaptées aux réalités actuelles? L'environnement, la résistance créatrice face à la pensée et à la culture de masse "uniques", le rôle du Québec sur la scène de l'économie mondialisée, la résistance également au néo-conservatisme et au retour de la religiosité, la santé et l'éducation à la fois de qualité et accessible, sont quelques-uns de ces défis auxquels nous devons faire face avec intelligence, sensibilité et imagination. En tant qu'enseignant au niveau collégial, je vois quotidiennement autant de sources d'inquiétude que de confiance, mais comme Blaise Pascal, je préfère parier sur cette dernière.
Voyez-vous, monsieur Mongeau, contrairement a vous et au risque de vous déplaire, j’aime bien votre réplique a Godbout.
C’est là la réplique d’homme honnête et posé face a un discours plutôt defaitiste et méprisant inconsciemment ou non a l’égard d’une révolution tranquille.
Ce que vous avez lu de ma part est une réponse provenant d’une autre réalité, étrangère a Lanaudiere et ses embruns bucoliques.
J’ai vécu et grandi dans un quartier hostile aux idées d’indépendance individuelle et intellectuelle, cher monsieur.
Tous les jours au travail, je dois gagner ma vie dans une langue étrangère a ma culture maternelle dans ma propre ville natale et mon propre pays en devenir le Québec.
Alors, cher monsieur, vos sarcasmes sur ma façon de parler, sur la longueur de mes commentaires sur ce site ou toute autre forme de nuance que je devrais apporter a mon discours politique me laisse pantois et me rappelle mes années d’études où il était beaucoup plus important d’exprimer un point de vue en accord avec l’autorité qu’avec la réalité vécue et ressentie chaque jour hors de l’école officielle, hors de la dure école de la vie.
Bref, j’aimerais bien que vous gardiez vos sarcasmes lorsque vous me commentrez a nouveau. Car c’est la moindre des politesses envers soi-meme que d’essayer de comprendre le regard de l’autre posé sur certaines choses ou certains sujets.
PS: le Canada est en guerre en Afghanistan et ma référence a 1945 est tout a fait justifiée étant donné le contexte. Si vous connaissiez un ami qui connaît un soldat parti là-bas, vous auriez monsieur tout a fait raison de me critiquer. Malheureusement pour nous tous ce n’est pas le cas et j’ai toutes les bonnes raisons du monde d’être un homme révolté concerné par la folie du monde et son manque incroyable d’humanité.
Merci monsieur Boudrias pour vos commentaires. Je n’ai pas toujours vécu dans « les embruns bucoliques de Lanaudière ». Je suis né et ai vécu 35 ans à Montréal et y retourne chaque semaine. Je sympathise avec le fait que vous devez travailler dans de telles conditions et estime que vous avez raison de dénoncer cette réalité. Oui, c’est vrai que l’école est une espèce de moule. Cependant, quand on en sort, on devrait être capable de voler de ses propres ailes, de trouver sa propre parole, ce que vous faites à n’en point douter. Et je prends note de vos critiques.