8 février 2011 9h54 · Michel Boisvert
Le BONHEUR
J'ai toujours nié mon besoin d'amour depuis que je suis au monde. C'est comme ça et je n'y peut rien. Sauf que depuis quelque temps j'y pense différemment. Ma préoccupation première a toujours été de trouver un environnement de création adéquat à mon travail. C'est ma seule préoccupation réelle. Mes autres préoccupations comme celle de l'amour, viennent quand j'ai trouvé cette première solution. En 40 ans de travail artistique, je n'ai que partiellement trouvé cet environnement de créativité qui me préoccupe. Je me suis toujours accommodé des environnements mis à ma disposition par la vie avec des résultats de création minables. Maintenant que je suis sorti de cette préoccupation de créativité artistique, je consacre plus de temps à mes autres fonctions humaines, dont celle de trouver du bonheur dans la vie. Depuis quelques années, entre cinq et dix, c'est difficile d'être précis sur ce sujet, je me préoccupe de trouver les individus qui me sont sympathiques et qui ont une forme d'amour à mon égard. Je n'arrive pas cependant à démontrer tout à fait de l'intérêt envers ces gens qui s'attardent auprès de moi. Ils ne correspondent pas toujours à ce que je recherche. Après plusieurs échecs dans ce domaine de la relation entre moi et les autres au niveau amoureux, je commence à me poser des questions sur ce sujet. Est-ce moi qui ne fonctionne pas bien dans cette relation amoureuse? Je me suis analysé et je n'ai pas trouvé de lacune dans mon fonctionnement. Je parle bien entendu d'une étude approfondie de plusieurs années et d'expérience profonde dans la confrontation entre moi et l'autre pour déterminer qui a tord et qui a raison. J'ai trouvé dans cette étude de moi, que j'avais tord au niveau de ma relation amoureuse avec les autres êtres humains.
Mon tord s'établi dans la présomption que j'accorde à la sincérité des sentiments des autres à mon égard. Je présume en partant que les autres m'aiment de la même manière et avec la même intensité que moi je les aime. C'est une erreur de fonctionnement qui me met en position d'infériorité face à eux. Les gens ont une attitude qui diffère de la-mienne dans l'échange amoureuse. Les gens assument que je suis attiré vers eux et non le contraire. Ils présument que si je m'intéresse à eux c'est par intérêt pécuniaire et que ce qu'il possède m'intéresse. Je trouve cette attitude dangereuse au niveau amoureux. Je comprends cette attitude au niveau social, parce que c'est dans cette attitude que j'ai vécu depuis mon enfance. C'est dans cette attitude d'échange d'intérêts pécuniaires que j'ai survécu comme artiste. Mais comme être humain amoureux cette attitude ne correspond pas. L'amour exige une attitude non-pécunière pour exister. Le besoin d'amour qui me préoccupe en ce moment n'est pas en rapport avec mon compte en banque.
Dans l'environnement social actuel, c'est l'attitude pécunière qui est la seule attitude qui est permise entre les individus. L'argent joue un rôle déterminent dans la relation amoureuse entre les individus. Je comprends maintenant après de nombreux échecs que les sentiments ne sont pas identifiables sous forme de chiffre et que la manière mercantile ne peux pas être utilisé en amour. Si les gens l'utilisent c'est parce qu'ils ont mis de côté leurs sentiments au profit de leurs intérêts.
Ce que je recherche en amour ce n'est pas de savoir que l'autre a des besoins pécuniaires que je peux combler, mais de savoir que l'autre à besoin de ma présence, de mes caresses, de mon affection, de mon écoute et de mon temps auprès d'elle. En ce qui me concerne, l'amour que j'ai, est distribuable sous de multiples formes. J'aime avoir une relation amoureuse sincère avec une femme qui correspond à mes idées, à ma perception de la vie, à mes gouts sexuels, à ma possibilité de temps alloué à l'amour. J'aime aussi avoir une relation d'amitié avec un homme comme avec une femme. Je considère l'amitié comme une relation amoureuse sans le sexe. Mais tout ça n'est plus possible dans la relation entre les individus dans notre société actuellement. Nous avons éliminé l'amour dans notre relation humaine. Ce ne sont que les intérêts qui sont en jeu. Je parle principalement des intérêts communs à chaque individu. Ce n'est pas nécessairement pour un deal d'argent qu'un individu va prétendre aimer quelqu'un. Ça peut être simplement pour assouvir un besoin sexuel, ou un besoin de survie. Les individus ont développé depuis des millénaires une manière de s'utiliser les uns les autres pour rentabiliser leur besoins communs sans que ce soit fait par amour. L'amour généralisé entre les individus socialement n'a fait son apparition parmi nous que tout récemment. Les préoccupations de survie dans le passé pas encore trop lointain ne considérait pas l'amour comme possible entre les individus. Ce n'est qu'avec notre société de consommation, que les individus ont pu dégager assez de temps libre pour s'activer au niveau amoureux. Nous considérons actuellement comme possible d'avoir une relation uniquement amoureuse sans intérêt pécuniaire à partager. C'est dans cet esprit de liberté des émotions, que je considère être en mesure de trouver des individus avec lesquels je peux échanger uniquement au niveau amoureux sans implication qualifiable d'intérêt financier. Je considère donc comme essentiel dans cette perspective de faire la différence entre les sentiments réels et les sentiments intéressés. Le bonheur peut être un objectif de vie en commun comme il peut être aussi autre chose. C'est en définissant quel sera ta forme de bonheur que tu peux déterminer les jalons qui vont le déterminer et que dans cette perspective de choix à faire tu feras les bons choix. Les individus font souvent les mauvais choix, comme moi-même je les ai fait tout au long de ma vie. C'est naturel de faire les mauvais choix. La société nous influence dans les choix que nous devons faire. La société joue un rôle dans la relation entre les individus, qui consiste à défendre ses propres intérêts pécuniaires. Il faut comprendre les intérêts qui sont en jeu lorsqu'on fait un choix de vie en commun. Les uns survivre sur le dos de la survivance des autres. C'est connu et accepté par tous les individus. Les sociétés identifient ces survivances comme des règles de vie entre les individus. Comme par exemple le fait de payer par tous les individus un droit de régner à la reine. C'est prévisible que dans une société qui accorde aux individus une liberté de choix, celui de rendre hommage à une reine n'est pas défini comme une priorité par les individus et que dans les choix qu'ils feront celui la, ne sera pas considéré comme un bon choix à faire. Nous sommes comme individu libre de faire des choix et de faire une panoplie de mauvais choix influencés par les intérêts des autres. La force de certains individus consiste essentiellement à influencer les autres envers leurs propres intérêts. C'est une force adversaire qu'il faut considérer avant de faire un choix. À qui profitera le choix que je vais faire, doit être la question à se poser avant de faire un choix. Peu importe le choix que l'on fait, en bout de ligne le choix que nous faisons a été prévu par quelqu'un qui s'est positionné avant nous dans une stratégie d'influence pour nous amener à faire un choix en sa faveur. Dans la société de consommation que nous sommes en train d'édifier, les crapules se positionnent en haut de la pyramide sociale. Ce sont les plus habiles négociateurs dans l'humanité et ils sont capable de jouer tous les rôles qui vont influencer nos décisions. Ils ont déjà commencer à utiliser nos émotions pour déterminer les produits qui vont nous plaire. Dans cet ordre d'idée, le fait être à la recherche de l'amour fait partie des préoccupation de tous les individus et les crapules ont déjà prévu le coup. Il y a en ce moment des vendeurs de bonheur qui se sont installé un peu partout dans la société et qui pourvoit en échange d'un prix dérisoire un moment de bonheur. Que ce soit sous forme de produit d'habitation, de luxure, d'alimentation ou peu importe, les vendeurs font des affaires d'or. Je ne désire pas acheter du bonheur. Le bonheur que je recherche n'est pas vendable et n'est pas achetable. Il n'est tout simplement pas un produit. En art j'ai eu dans mon expérience d'implication, à faire ce choix entre le produit artistique et la vérité artistique. J'ai fait le choix de dire la vérité et ce choix m'a amené jusqu'à vous d'une manière non répertorié et non admis socialement dans la chaine de production des produits de consommation.
Ce sont les choix que nous faisons qui détermine quel sorte de vie nous aurons. J'ai choisi de vivre en paix avec ma conscience. Ce n'est pas payant mais c'est rentable au niveau de ressentir les vrais émotions. Quand on reconnaît que je suis un raté socialement, j'en suis fier et je le cri sur tous les toits. J'ai réussi à être vrai en art, et ce n'est pas rien. C'est en sorte une forme de bonheur. Malheureusement je ne peux pas le partager avec quelqu'un d'autre, parce que tous les individus ont fait le mauvais choix de vivre dans le mensonge. C'est un choix judicieux pour vivre dans un condo de luxe, mais un mauvais choix pour être mon ami ou mon amoureuse.