15 février 2010 10h36 · Michel Boisvert
Un désastre artistique.
Dans notre société, l’art a pris une tangente désastreuse. Les gens ne respectent pas l’art et ils ont raison de ne pas le respecter. Dans le sens où l’art s’est lui-même mis en péril, en laissant les escrocs s’emparer des positions avantageuses pour eux en art au détriment des besoins d’expression et de communication de l’art. Ce n’est pas parce qu’on a établi des cotes en art, que les gens vont respecter l’art pour autant. Lorsqu’on a introduit la politique, l’argent et l’adoration de l’égo en art, on a fait de l’art un lieu merdique qui pue dans lequel les gens ne sont plus capables de comprendre le sens de l’art.
L’art est avant tout un langage du cœur qui s’adresse à d’autres cœurs. Lorsqu’on a introduit la richesse en art, on a éliminé le sentiment dans l’art. On parle actuellement des valeurs monétaires en art, pas des valeurs de l’âme. Si on a réduit l’art à une valeur marchande, c’est en fonction de pouvoir contrôler l’art et les artistes qui le fabrique. Ce contrôle s’établit sur la masse en introduisant, dans les lieux privilégiés, les formes artistiques, qui représentent le mieux, les valeurs monétaires que la société défend. Ces valeurs monétaires ne sont que la représentation de la domination des plus forts sur les plus faibles.
Ce que le message artistique émet actuellement c’est, je suis le plus fort et tu es le plus faible. Je te domine et tu ne peux rien faire pour m’arrêter. Ce message est néfaste pour l’art, parce qu’un jour ce qui représente cette domination sera jeté aux poubelles avec toutes les représentations du pouvoir dominant actuel qui sera remplacé par un autre pouvoir qui n’utilisera pas cette représentation artistique pour se représenter.