Début de l’exode

20 octobre 2009 21h22 · Marie-Michèle Dejean

Je ne sais comment expliquer cette chose qui vient troubler ma lucidité, mais je sais que tout est en marche pour que chacun trouve sa place et moi je suis une étrangère malgré tout l'effort que je fais pour m'intégrer, pour adopter la culture de ceux qui parlent français.

Je cherche à convertir une bonne poignée d'immigrants à la culture québécoise surtout depuis que j'ai obtenu mon diplôme de l'Uqam.  C'est que je donne beaucoup d'importantce à ce qui se fait ici, aux institutions d'ici.  Je ne me vois pas aller faire une maîtrise en Angleterre, à La Sorbonne ou ailleurs dans le monde pour prouver que JE SUIS.  Je pense que les institutions québécoises ont autant de valeurs que n'importe quelle institution du savoir de n'importe quel autre grand pays ou grande ville. 

Les immigrants de toutes nationalités que je cottoient me disent : ''Je ne te comprends pas Marie-Michele.  Pourquoi parles-tu français avec ta fille ?  Pourquoi tu n'agis pas comme nous ?  Nous avons un petit boulot dans les restaurants, les manufactures; on se débrouille.  Nos mari s'occupent de toutes les choses importantes.  Tu vois, nous allons acheter notre maison pour ne plus être mal servi par des méchants propriétaires.  Tu es comme nous, une immigrante.  Parler français ne va pas t'apporter plus.''

Je regardais ces immigrants et je leur disais pour sauver mon égo ''Voyez-vous, vos enfants grandissent ici.  Ils peuvent être les prochains dirrigeants du pays.  Leur vie est ici.  Ils fréquentent l'école d'ici et vous faites appel à moi pour les aider à faire leurs devoirs parce que vous refusez de vivre dans la langue du pays.  Moi, j'ai grandi ici et je ne peux faire autrement que de vivre en français.''

Ces personnes hochaient leur tête et disaient que j'avais un problème.  J'allais les chercher pour les inciter à se rendre aux pôles pour faire valoir leur droit.  Mais un grand nombre ne savait pas pour qui voter parce qu'ils ne connaissait pas les candidats.  Alors, ils préféraient rester chez eux au lieu de se présenter aux pôles.  Cette année mon corps reçoit un choc qui me désole.  Jeme rends compte que je vote pour des gens qui travaillent pendant que je tire le diable par la queue pour rester vivante.  J'écoute ces immigrants qui viennent frapper à ma porte pour que je les aide à retourner sur le marcher du travail.  Je prends conscience que je suis dans la même situation qu'eux.  Pourtant cela fera bientôt 32 ans que je vis ici.  Je suis loin d'être une sotte à ce que je sache.  Pourquoi est-ce si dure de travailler dans son domaine en toute dignité ?  Je commence à avoir des doutes sur le programme de raccrochage scolaire parce que je ne vois pas quel peut être l'avenir des jeunes immigrants qui croissent ici.

Je ne veux plus continuer à rêver.  Je n'aime pas être médiocre.  Vous savez, une de mes jeunes m'a dit ''Hen en, vous nous disiez que nous devons nous impliquer, que nous devons faire notre devoir de citoyens, pis là, vous commencez à parler comme nos parents.  Vous ne voulez plus aller voter comme nos parents Hen en.  Vous voyez.''  Et je leur réponds : ''Je suis désolée.  Je viens de recevoir un déclic qui me fait voir ce que je n'arrrivais pas à voir avant.  Vos parents ont raison.''

C'est triste d'en arriver là tout comme c'est triste pour les artistes francophones d'ici qui doivent se produire en anglais afin de vivre de leurs arts.  Ce que les anglophones n'ont nulement besoin de faire pour réussir à vendre leurs produits partout dans le monde.

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    Lucille St-Pierre 24 octobre 2009 · 01h15

    Marie Michèle,
    La semaine derniere je crois, j,ai vu a 2 filles le matin a la télé,
    un sujet traitant de ca avec Varda, Isabelle Raccot, il y avait aussi une ministre qui est tres jeune et une autre dont le nom m’échappe parler du sujet sur lequel tu écris, elles abondaient dans ton sens surtout aussi pour leurs enfants, par contre elles voulaient qu’ils connaissent leur autres culture mais comme elles disaient c’est au Québec que l’on vie…
    On a de bonnes Université aussi alors pourquoi pas les fréquenter,

    Il faudrait que ces enfants dont vous parler Marie- Michèle comprennent qu’un jour ce seras eux nos dirigeants, il suffit d’y croire : » Yes we can  » et cet homme qui a dis ca aujourd’hui il est a la tête du pays le plus puissant du monde, la différence de culture de ses parents ont fait de lui ce qu’il est…
    A une prochaine
    Lucille

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    Marie-Michèle Dejean 25 octobre 2009 · 19h14

    Quel plaisir de te lire, Lucille !

    En fait, c’est un politicien qui m’apprend que les enfants de la grande ancienne Russie quittent le Canada, le Québec et les ville d’ici pour retourner dans leur nouvelle patrie. C’est ce que disent les statistiques. Et l’absence des peuples étrangers qui tournent le dos au canada se démarque surtout pendant les campagnes électorales. Les gens qui font du porte à porte butent de plus en plus sur des nouveaux arrivants qui n’ont pas encore le droit de vote. Et ce qui l’on renoncent à leur droit parce qu’ils ne se sentent pas impliqués dans les décisions qui doivent être prises pour le bien-être des citoyens d’ici.

    Je n’ai Malheureusement pas vu l’émission dont tu parles. Toutefois l’unité n’existera jamais même si la loi permet à toutes les familles éligibles de recevoir une carte d’assurance maladie, une carte d’assurance sociale, un montant d’argent mensuel pour les enfants de moins de 18 ans, etc.

    Tu vois Lucille, je m’implique énormément dans la société Québécoise et ce que je découvre me désole énormément. Cette société favorise les perdants, les petits, les médiocres, ceux qui sont brillants mais qui se achent sous une cape de petits idiots inoffensifs. Il faut surtout accepter de faire des choses ignobles pour accéder au succès. Tu dois montrer que tu es incapable et que tu acceptes qu’en te prenne en charge.

    Un exemple de cela : je me présente à un centre communautaire pour inscrire ma fille dans une activité. La responsable m’accueille en grand et me promet un poste de monitrice en théâtre. Je n’avais rien demandé. Elle me voit, tombe en extase et m’offre un poste. Deux semaines plus tard, je me présente et elle me dit  »C’est à l’accueil de notre maison que je te vois, tu as un beau sourire et tu es remplie de vie. Nous avons besoin de toi c’est pour cela que le Seigneur a conduit tes pas ici. » Pis elle se tourne de bord et dit à une collègue  »Elle était surprotégée. » Moi surprotégée ? Hey, je fais partie de la génération clé au cou. Le pire dans tout ça, il y a du travail. La responsable et d’autres personnes de son genre font travailler les femmes pour rien. Aucun salaire. Alors, imaginer ma déception lorsque j’apprends qu’elle me voulait à titre de bénévole pendant que je cherche à rembourser mon prêt étudiant.

    Malgré tout, ces endroits à but non lucratif sont des mines d’or pour les nouveaux arrivants qui n’ont pas de famille, pas d’amis et qui sont à la recherche d’une expérience de travail. Ce genre d’organisme rendent service aux gouvernements. Moins de pension, moins de sécurité d’emploi, moins d’avantages sociaux et plus de pouvoir aux gens qui administrent ces centres.

    Et en ce qui a rapport aux institutions du savoir d’ici, à quoi bon faire de hautes études si les chances de travailler dans son domaine sont nulles ?

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    Marie-Michèle Dejean 26 octobre 2009 · 14h49

    En parlant de désolation, je veux dire ceci :

    Je me suis présentée plusieurs fois à ce centre communautaire pour finaliser les inscriptions de ma fille. La première fois je suis passée à la caisse retirer le montant nécessaire pour payer les frais. Arrivée sur place, j’apprends que les parents doivent s’inscrire avec leurs enfants et que les parents ne vont pas s’asseoir là à regarder leurs enfants et qu’il faut participer. WOW ! Ça faisait mon affaire. Je promets de revenir le lendemain avec le surplus à payer. J’en parle à ma fille qui saute de joie à l’idée de trouver un endroit autre que chez nous pour se sentir bien et en famille. Elle est contente aussi à l’idée de me voir travailler dans mon domaine.

    Mais quelque chose se produit et me donne un goût amère dans la bouche. La responsable me téléphone et me dit  »Marie-Michele, tu dois payer si tu veux participer aux activités. » Je lui dit que tous les frais sont payés et elle persiste à me dire le contraire. Alors je lui demande une minute pour aller chercher les reçus. De retour je lui confirme les dates des payements et les personnes qui ont reçu les montants et qui m’ont donné les reçus. Et là elle ajoute àpropos de l’employée :  »Eh bien, elle doit avoir oublié de l’inscrire. » Pourtant je sais que l’employée a bien fait son travail. Je me suis assurée de l’exactitude de tout avant de quiter le bureau. Donc, Je découvre que cette personne ne fait pas confiance à son personnel.

    La semaine passée elle me téléphone pour me demander si je compte me présenter aux cours. Avant de lui dire oui, je lui demande pour quelle raison me téléphonne-t-elle pour s’assurer dema présence ? Elle me répond :  »C’est parce que je ne t’ai pas vu la semaine dernière. Tu étais absente. » Là, je lui dit Soeur unetelle, Je suis entrée dans la salle la semaine passée. J’ai donné ma présence. J’ai même pris lapeine de vérifier si lacase àcçoté de mon nom était cochée et tout était bien. Ce à quoi elle ajoute  »AH ! Et bien la personne qui prenait les présence s’est probablement trompée. »

    Là, je comprends le jeu de cette religieuse. Elle est difficile à satisfaire. Elle ne reconnaît pas toujours le travail des gens qui lui donne de leur temps. Lorsqu’elle trouve des personnes un peu vulnérables et talentueux elle s’en accapare et les met à son service espérant gagner leur confiance. Sauf que je ne fais plus partie des petites filles candides à la recherche d’une maman. J’ai les yeux grands ouverts et je sais exactement sur quelle route je veux avancer. Malheureusement, il y a encore des gens fragiles qui se font jouer dans le dos et c’est cela qui me désole.

    Je suis prête à épauler une personne comme Gregory Charles qui prend les gens d’un certain niveau pour les élever de plus en plus haut. Lui, il passe au peigne fin les gens avec lesquels il veut travailler, mais au moins le résultat est satisfaisant. Les gens sortent gagnants avec lui. Lui, il mérite une fondation, de l’aide en argent et tout le support nécessaire dont il a besoin pour aider la jeunesse qu’il forme. Faire du bénévolat pour lui c’est travailler pour une bonne cause. Mais ce n’est pas le cas pour un grand nombre d’organismes qui se disent à but non lucratif. Je pense que les personnes qui donnent de leur temps gratuitement méritent un peu de respect et de la reconnaissance.

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