Vieillir, dîtes-vous…

31 août 2009 18h12 · Mélanie Robert

Romain Gary ne voulait pas vieillir. Dans un entretien avec la journaliste Caroline Monney en 1978, il dit à ce sujet : " Catastrophe. Mais ça ne m'arrivera pas. Jamais. J'imagine que ce doit être une chose atroce, mais comme moi, je suis incapable de vieillir, j'ai fait un pacte avec ce monsieur là-haut, vous connaissez ? J'ai fait un pacte avec lui aux termes duquel je ne vieillirai jamais." C'est en 1979 qu'il se suicida et que l'on découvrit du même coup qu'il avait été aussi Émile Ajar.

Sous ce nom de plume, il avait écrit La vie devant soi dont il gagna le prix Goncourt en 1975. Un roman merveilleusement bien ficelé et beau dont la narration est faite par un garçon d'une dizaine d'année. Momo ou Mohammed est arabe mais habite avec Madame Rosa, une juive qui s'occupe des enfants de prostituées. Il ne connaît pas ses parents. Il ne connaît que Madame Rosa qui s'occupe de lui; le docteur Katz qui connaît sa situation; Madame Lola, travestie africain; Monsieur Hamil, vieux musulman qui confond Momo à Victor Hugo. Ce qui est intéressant dans ce roman, c'est la vision du monde d'un enfant qui mûrit très vite mais qui a ses mots bien propre à lui. Il est lucide et intelligent. Il aime Madame Rosa même si il l'a trouve vieille et moche. Autrefois elle était jolie s'imagine Momo et il trouve que la vie est bien injuste pour les personnes vieillissantes pour toutes sortes de raison. Ils sont vieux; ils ne servent plus à rien; on ne veut plus d'eux, selon les dires de Momo. Madame Rosa vieillit. Elle ne reçoit pas l'argent pour son petit pensionnaire. C'est donc les voisins, le docteur Katz et Madame Lola qui viennent aider Momo avec cette vieille dame qui est chargée de s'occuper de lui. Malgré son jeune âge, c'est Momo qui s'occupe de Madame Lola qui est maintenant sénile. Il voit dépérir tranquillement la seule personne qui l'a aimé.

Gary est si habile avec la langue que l' on croît vraiment que le récit est narré par un enfant. Parfois même les défauts de langue portent une dimension poétique.

On aimera c'est certain cette relation unique entre Madame Rosa et le gentil Momo. Momo apprend vite les leçons de la vie et de l'amour aussi. Il faut lire absolument cet incontournable de la littérature.

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