17 décembre 2010 10h50 · Marc Charette
À propos l'article Voir Pour en finir avec novembre
Pour en Finir avec Novembre s'inscrit bien dans cette lignée de BD pour adultes qui nous touchent par la naïveté du dessin et la profondeur du propos. Un peu comme dans cette série de Paul de Michel Rabagliati. Ces trois auteurs (Rabagliati ainsi que Lemay & St-Onge) parviennent à nous parler du quotidien, des relations, des conflits interpersonnels en les situant dans des contextes puissants. Ici, en lien avec la crise d'Octobre 70. Avec Paul à Québec, dans le contexte des funérailles du beau-père.
Les personnages ciblés dans ce Pour en Finir avec Novembre sont crédibles. Je n'ai pas vécu dans cette période mais pour peu qu'on ait connu des gens qui étaient engagés et politisés dans cette époque fertile, on connaît ce Marc comme cette personne ayant conservé un militantisme pur et dur. On reconnaît ce Luc dans celui qui faisait partie de la cause mais qui ne le faisait pas tant en raison de valeurs solidement ancrées de défendre le Québec mais plutôt parce que c'était la chose à faire à l'époque. On reconnaît ce Luc dont on aurait peine à croire qu'il ait pu être militant tant sa vie actuelle est conventionnelle. On reconnaît ce Mathieu devenu BCBG et trouvant une façon de justifiée sa bonne fortune actuelle sans renier son passé. Et on reconnaît ce Jean dans ce militant devenu écrivain marginal. On les reconnaît tous ces disciples de la Cause, tous ces disciples qui se permettent sûrement de critiquer le désengagement de la jeunesse actuelle mais qui se sont eux-mêmes désengagés tout en gardant le meilleur.
Le fait que ce livre soit situé en Outaouais augmente l'attachement à ce livre. Qu'il est agréable de pouvoir reconnaître exactement la table où ils sont assis aux 4 Jeudis pour s'y être assis soi-même. Qu'il est surprenant d'avoir l'impression de connaître exactement la maison dont il est question sur Island Park.
Je m'attendais à un livre historique lorsque je me suis mis à sa lecture. Et même si le livre est ancré dans les événements de 70, ce livre reste une fiction qui se rapproche du polar plutôt que la fresque historique. Les sauts et retours dans le temps sont parfaitement maîtrisés. Les revirements finaux sont surprenants et presque à la limite du crédible mais viennent surtout confirmer que ce livre est un regard personnel jeté sur cette période et non une reconstruction.
Ce livre ferait partie d'une trilogie? J'y serai pour les volets 2 et 3.