26 janvier 2010 15h20 · Marc Charette
À propos l'article Voir Invictus
On peut imaginer qu'après avoir joué des présidents fictifs dans d'autres films, Morgan Freeman ait voulu personnifier un personnage réel en la personne de Mandela. Sa performance n'est pas emplie de tics. On y croit dès les premières secondes sans que sa performance ne soit une imitation formelle. Mais sa performance réussit à s'effacer derrière ce film qui, sans être révolutionnaire dans la forme, nous démontre que les histoires-Cendrillon ne doivent pas nécessairement être saupoudrées de rose bonbon pour être intéressantes.
On se demande pourquoi Hollywood ne prend pas meilleure note d'un film comme celui-ci. Les producteurs, réalisateurs et écrivains hollywoodiens comprendraient ainsi qu'il ne suffit pas de refaire une formule maintes fois utilisées pour qu'un film soit réussi ET qu'il puisse attirer un grand public. Comme se fait-il que les films de ce genre soient habituellement si prévisible et qu'ils fassent si peu appel à notre intelligence? Est-ce vraiment si difficile de faire un film intelligent comme Invictus sans en faire un film hermétique?
Après nous avoir amené dans l'invasion japonaise avec Flags of Our Fathers et avec Letters from Iwo Jima, Eastwood nous transporte cette fois-ci en Afrique du Sud. On revit l'émotion de la fin de l'apartheid et on se surprend à se rappeler exactement les émotions qui nous ont envahi à cette époque. Même si Freeman se démarque particulièrement en nous dépeignant Mandela, Damon campe un rugbyeur très crédible (même si on connaît beaucoup mieux Mandela que Pineaar) tant au niveau de l'accent que dans la retenue de son personnage. Pour avoir séjourné en Afrique du Sud, j'y ai retrouvé l'énergie folle des Afrikaners. On sait qu'on se rend vers le happy ending mais en même temps, on sait que l'histoire aurait pu se charger de rendre le scénario complètement différent. Et même si on comprend les détracteurs de Mandela, à l'époque, d'avoir questionné sa fixation sur les Springboks, on ne peut que s'émouvoir devant ses retrouvailles raciales qui démontrent que l'authenticité peut avoir raison de tout s'il y a de la bonne volonté.
Avec tout ça, moi qui ai délaissé le hockey depuis si longtemps, j'ai eu un vague pincement au coeur, me demandant si l'espoir dans la race humaine ne se trouve dans ses rassemblements sportifs!!