8 septembre 2009 13h31 · Marc Charette
À propos l'article Voir Julie & Julia
La réalisatrice du film, Nora Ephron, n'est pas connue pour des films durs, surprenants, qui portent à réfléchir. Ses Sleepless in Seattle et You've got mail, par exemple, sont passablement dilués à l'eau de rose et ne cherche qu'à faire sortir les mouchoirs. Dans ce film-ci, par contre, on sent qu'elle s'est propulsé à l'aide de bons sentiments plutôt que de s'enliser dans ceux-ci.
On y retrouve une Meryl Streep en grande forme. Certains lui reprocheront possiblement une performance qui frôle le cabotinage par instants mais elle sait incarner une Julia Child grande en stature (tant au propre qu'au figuré). On sait que les Golden Globes l'adorent et il ne serait pas surprenant qu'elle s'y retrouve en nomination dans la catégorie comédie. Par son interprétation, on comprend comment les Français ont pu tomber sous le charme de cette Julia Child puisqu'elle nous réserve le même sort. Elle déplace de l'air cette Julia mais elle le fait avec tant de candeur que tout lui est pardonné.
Amy Adams se défend fort bien dans son rôle de Julie qui ne permet pas une composition aussi extrême mais qui nous démontre toute la finesse de cette comédienne. La relation avec son conjoint, même si elle est défendue avec justesse, reçoit malheureusement la sauce Ephron. La relation devient alors complètement aplanie et on a peine à y croire tant elle est enrobée mielleusement. Ce qui fait que lorsque la crise survient au sein du couple, la crise est si mignonne qu'on s'imagine difficilement qu'elle ait pu entraîner une brisure (même si temporaire) du couple.
Là où le film réussit le mieux, c'est de nous mettre l'eau à la bouche. Il nous donne envie de tenter la même expérience de s'atteler à un livre de recettes et d'y passer complètement au travers. Un peu comme Le festin de Babette l'avait fait. Et de comparer Julie & Julia au Festin de Babette est toute une marque de reconnaissance en soi. On veut tenter cette recette de canard désossé. On veut faire cette tarte au chocolat.
Bref, on sort de ce film le coeur heureux mais aussi, avec l'impression qu'on n'a pas été aspergé d'un bonbon collant (comme dans ces autres films de filles) mais que ce sont plutôt les personnages qui s'en sont régalé.