Ne pas boire avant de s’y rendre

20 janvier 2008 14h41 · Marc Charette

À propos l'article Voir Cloverfield

Ce film est précédé d'une habile mise en marché.  Les bandes-annonce sont variées, nous laissant nous imaginer ce que nous voulons sur le sujet.  En fait, ce film est une autre variation sur le thème de la fin du monde.

 

Comme les Américains ont finalement oublié le 11 septembre!  Au lendemain de l'attaque, sur toutes les tribunes, on annonçait comment le cinéma américain ne serait plus le même.  Comment on ne pourrait plus faire à la légère des films apocalyptiques sans offenser la mémoire des disparus.  Dans ce film, on nous démontre qu'un pas a été franchi.  Non seulement le cinéaste choisi de s'attaquer à Manhattan.  Mais la façon de s'y prendre est réminescente du 9/11:  les édifices connus sont détruits, les habitants doivent se protéger de cette immense manteau de poussière qui recouvre toute la ville quand les édifices s'effondrent, l'attaque vient d'une force plus grande que la Défense Américaine, …  Il semble que les Américains soient prêts à passer l'éponge sur les événements qui les ont définis au cours de la dernière décennie.

Ce film est techniquement réussi.  Les effets spéciaux sont particulièrement saisissants.  Quand le pont de Brooklyn s'aplatit devant nos yeux, on ne veut que prendre nos jambes à notre cou.  La façon de créer certains flashbacks en rembobinant la cassette permettent aussi de comprendre superficiellement les liens entre les personnages.  Il faut toutefois être prêt à suivre une caméra qui ne s'arrête jamais.  En fait, mon oreille interne en a été quitte pour toute une raclée, m'amenant sur le bord de la nausée.  La caméra est sur-agitée et l'effet aurait pu être tout aussi réussi en la calmant par moment.  D'ailleurs, n'était pas rare le spectateur qui a choisi de quitter la salle plutôt que de se faire assaillir par cette caméra hyperactive.  Vivement le Ritalin.

 Quant au choix de nous montrer clairement les vilaines bêtes qui prennent d'assaut Manhattan, il nous enlève un peu de la peur qu'aurait pu nous donner l'inconnu.  Bien que ces bêtes soient hideuses à souhait, le film devient un film d'horreur plus traditionnel au lieu de nous faire douter, comme spectateur, qu'une force invisible peut se déclencher partout.  Un pari qu'avait observé The Blair Witch Project et qui lui avait bien servi.

Bref, pour qui s'ennuie de la Ronde en cette période d'hiver et veut se faire brasser son équilibre interne, une bonne adresse où s'arrêter.  Pour les autres, mieux vaut aller voir Juno.

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