Encorbellement

13 août 2009 2h51 · Léonard Constant

Le petit te charpente
comme un buffet chinois
dont on abuse un samedi soir
entre deux pans de la 5 nord
mais tu es belle de ce détour
de cet amendement à ta constitution
qui te calligramme
comme un souffleur de verre
t’es belle tu t’encorbelles
t’encore plus belles
tu te précèdes
et nous boutures
ronde et belle de l’enfant d’avalanche
belle de ta peau blanche
tombée sur lui comme un janvier
tu nous précèdes
un pied déjà dans l’infirmière
l’hôpital est plus loin qu’un souvenir d’enfance
mais j’avale des quartiers comme une grève syndicale
il souffle un vent d’anniversaire
sur les bougies de la Buick
j’ai mis la clé dans le contact
comme une pièce ancienne
dans un juke-box d’antiquaire
et tout déjà n’est que musique
et tout déjà n’est que lumière

 

(2001)

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    A Paradis 19 août 2009 · 19h43

    Que dire, je trouve ça beau. C’est tissé d’amour pour une femme, et en même temps ça nous emporte dans autre chose, dans l’enfantement, dans ce que l’homme conçoit de l’enfantement d’un enfant par sa femme; c’est une révélation que de lire cela, le réalisez-vous?
    C’est un monde cette imagination qui s’emporte, sur la route de l’hôpital: c’est là la folie, de dessiner quelque chose d’énorme, mais dans un élan qui vous fait profiter, vous papa, de cette brève portion de temps qu’il vous reste pour dessiner l’être tel que vous le désirez, tablant sur l’impunité vu que ce moment, justement, heureusement, devrait s’avérer être un bref moment.

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