L’excitation derrière le miroir.

6 mars 2010 10h25 · Suzanne Mongrain

À propos l'article Voir Alice in Wonderland

J’avais oublié que c’était semaine de relâche. Je me suis donc retrouvée à travers une nuée d’enfants. N’empêche, je me sentais à leur diapason, bien prête à traverser le miroir. C’est avec une fébrilité tangible que fut accueillie la consigne de mettre les lunettes 3D.

 

D’emblé, on se réjouit du soin apporté aux décors, aux costumes, à la texture de l’image. Nous  y découvrons Alice dans sa vie de tous les jours. L’enfant au teint laiteux conquiert aisément notre sympathie. Puis, nous la retrouvons plusieurs années plus tard. Elle arbore toujours son allure blafarde mais on comprend que la demoiselle a du caractère. Et voilà qu’avec elle, on se précipite tête première dans le trou du lapin.

 

La chute s’avère vertigineuse et l’atterrissage hallucinant. Bienvenue au pays des merveilles ! Que ce soit au niveau de l’environnement fantastique,  des couleurs, de la typologie de chacun des personnages, tout y est !  Le plaisir ne se dément pas.

 

Johnny Depp séduit une fois de plus, métamorphosé et irrésistiblement attachant en chapelier fou. Helena Bonham Carter (Harry Potter et Sweeney Todd), méconnaissable, incarne une reine rouge totalement délirante et époustouflante. J’ai eu davantage de réserves face à l’attitude éthérée de Anne Hathaway, en reine blanche. Elle a tout de même fini par me séduire. Quant à Alice, Mia Wasikowska que je ne connaissais pas, elle maintient le cap sans défaillir.

 

Et l’histoire déboule, jubilatoire. Burton la ponctue allégrement de délicieuses touches de fantaisie. J’ai ainsi adoré voir notre cher et enthousiaste chapelier accueillir Alice en s’élançant debout sur la table, pour la traverser de part en part. Et cette idée saugrenue de peindre les fleurs blanches pour en faire des roses rouges…

 

Bref, comme ce tout jeune public qui a su se montrer fort sage, je fus littéralement conquise. J’ai eu l’impression de quitter la salle avec, sur le visage, un sourire digne de celui du chat du Cheshire. Ne me manquait que son exquise évanescence.

 

Pour ce qui est de la lancinante  question: en 3D ou pas, j’avoue être encore ambivalente. Il n’y a pas tant d’effet 3D dans ce film et j’avais quelquefois l’impression que les lunettes atténuaient la savoureuse luminosité de l’image. Finalement, pour vraiment trancher, il faudrait avoir expérimenté les deux alternatives. Faute de quoi, à chacun d’y aller selon son élan du moment.

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