Chambre claire, chambre noire, chambre à air

19 novembre 2012 10h00 · Kaltenbacher

Je me souviens du beau livre de Michel Tournier, Le Crépuscule des masques (1992-Hoëbeke) et de ses rencontres multiples avec de nombreux photographes dont Émile Zola, Édouard Boubat, Lucien Clergue, Jacques-Henri Lartigue. Une réflexion sur la complémentarité de la photo et de sa légende. À l’époque de ma thèse, je m’interrogeais sur sa déclaration : « Une photo sans légende ne se conçoit pas » et je commençais seulement à entrevoir tout un monde derrière ce mot-écho qu’était légende. Quoi qu’il en soit, la nécessité d’accompagner une photo d’une légende ( lieu dit, lieu poétisé, haut lieu, en tous lieux ou en lieu sûr…) n’a pas d’importance si ce n’est celle accordée par Tournier.

Il est des photographies, des peintures, des sculptures qui méritent un éclaircissement à la manière du philosophe Roland Barthes (La Chambre claire, Gallimard-Seuil,1980). Il en ait d’autres qui demeurent dans l’opacité, l’intimité d’une chambre noire par opposition à la chambre claire. Mon admiration est autant suscitée par l’une que par l’autre.

Je me dis ces yeux-là, ces mains-là ont vu, ont senti, ont aimé, ont créé… Et ses visages, ces paysages, ces voyages, ces naufrages humains sont des chambres pleines d’un oxygène nouveau, d’une sensation à la fois humaine et mystique où, comme l’écrit le philosophe athée André Comte-Sponville, la promenade en forêt est  « juste un bonheur qui [semble] infini. … Plus de mots, plus de manque, plus d’attente. ». Une chambre à air que je visite dans la galerie d’une jeune artiste et photographe québécoise Gabrielle Desmarchais dont la curiosité et le désir de respirer autrement augure d’un bel avenir.

P.s : J’ai particulièrement aimé la série DANSE de son site, Jeune photographe québécoise

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