Shark Night 3D: la grande misère

3 septembre 2011 19h27 · Jimmy Chartrand

À propos l'article Voir Shark Night 3D

 David R. Ellis a collaboré à deux reprise avec la franchise Final Destination, dont l'un des pires opus de la série. Ce qui est peu dire d'ailleurs d'une franchise qui ne vole déjà pas très haut. Pire, il a également été à la barre du tristement célèbre et fameux Snakes on a Plane qui a été surtout réputé pour sa forte tendance à être particulièrement mauvais..

Bon, on lui accorde un respectable Cellular qui semblait déjà franchement s'assimiler à Phone Booth, mais en gros, soyons francs, il est un piètre réalisateur. Peut-être est-ce parce qu'il a passé la plus grosse partie de sa carrière à s'occuper des cascades ou à jouer les assistant-réalisateur? Qu'importe, tout était là pour insinuer que Shark Night 3D ne serait définitivement pas la partie de plaisir à laquelle on aurait pu s'attendre..

Bien sûr, certains optimistes pensaient avoir un plaisir similaire au raisonnable Piranha  3D, mais le fait est que ce dernier était sous la tutelle de Alexandre Aja qui a pour sa part un talent non-négligeable.

Donc, qu'en est-il de ce film de requins? Il n'en est rien. Rien puisqu'à nouveau, Ellis a pondu une daube, une vraie, qui fout en l'air toutes ses opportunités.

Pourtant, les éléments étaient là: films d'été cool, étudiants branchés et séduisants au casting plus sexy et charismatique que nécessairement talentueux, musique hip, chalet, lac paradisiaque, nommez-les. Mais même là, personne n'arrive à se contenter. Sara Paxton qui a pourtant été si savoureuse dans l'ingénieux The Innkeepers de Ti West ne peut en faire plus que ce qu'on lui demande et se retrouve vite limitée par le ridicule rôle qu'on lui offre. Pour les autres, on n'ose pas en parler, dont un Dustin Milligan qui passe de nerd à pratiquement sex-symbol musclé à la carrure de lifeguard, une des incalculables incohérences qui ne cessent de refaire surface dans ce film fortement insignifiant.

Certainement qu'on n'est pas ici pour voir le film le plus brillant de la décennie, ce n'est pas Spielberg et son Jaws et ça fait longtemps qu'on a compris qu'il n'en serait probablement plus jamais l'occasion. Pourtant, certains films comme le surprenant The Reef parviennent à faire oublier son piètre scénario pour cumuler des scènes de tension assez réussi avec le requin. Mais même là, Ellis n'y parvient pas et dès son générique, nous ressasse des créatures animés qui rappellent le pire de son Snakes on a Plane. Où est passé l'époque de Retour au bercail alors qu'on utilisait de vrais animaux? On n'en sait rien, mais nul doute qu'ici il n'y a sûrement pas eu un seul requin de tout le tournage. D'accord, il y a un chien, mais où est l'utilité? (La réponse se pointera bien assez tard où le fou rire sera à son comble d'ailleurs)

Ainsi, certains fous rires fusent, c'est assuré, le ridicule étant beaucoup trop prononcé, mais le prix est cher payé dans ce foutoir où le 3D est aussi inutile que les revirements de situation. C'est un bordel chaotique, sans rythme où tout se lance free-for-all. Morts, attaques, émotions, rien n'est ponctué, tout est balancé. Où est alors le plaisir? Pas même la musique n'arrive à y faire quoique ce soit et Ellis est trop bête pour prioriser une mise en scène qui userait des points de vue de caméra pour aller du subjectif à l'objectif. Pourtant le scénario touche aux éléments filmés, à la capture du réel et aux émissions de télé, mais dans son film ça passe comme dans du beurre, le temps de deux-trois blagues culturelles qui font presque mouche.

Shark Night est donc finalement surtout ennuyant. Il débute en longueur alors qu'on situe les personnages dont on se fout comme dans l'an quarante et il se donne des aspects vidéoclips avec un montage accéléré si inutile qu'il ne paraît même pas stylisé. Les requins apparaissent de nulpart et on est juste éberlué par les propositions plutôt que terrifié ou même terrorisé. Et quand ça s'allonge dans le sentimentalisme et le roman-savon on veut juste s'en sortir.

Les personnages disparaissent et on s'en fout et quand il passe de mourrant dans l'heure qui s'en vient à vengeur à l'harpon, on ne peut que se décourager, péniblement. Et puis des dialogues à double-sens comme "She was the only part of me i didn't want to lose" lancé par celui qui vient de perdre un bras, franchement, on n'y croit pas un instant.

Autre aspect qui aurait pu être bien: l'intérêt porté au nombre d'espèce de requin et à la diversité. Encore là, frôle, mentionné, à peine. Juste pour diversifier l'imagerie et probablement hausser le coût de la production alors que encore là ça ne fait plus sens alors que certains sautent, d'autres flair le sens à des kilomètres à la ronde, mais que même là, certains réussissent à s'enfuir quand ça cadre dans le scénario, tout comme de nager avec la jambe coupée pour sauver sa douce en détresse.. Même chose pour le fait que les psychopathes en questions aient décidés de mettre de par eux-mêmes les requins dans le lac. Cependant, à défaut de quelques passes de léger sadisme et voyeurisme, le film est même paresseux dans ses morts qui ne sont même pas ingénieuses, surprenantes, sanglantes mêmes, ou assez fouillés pour multiplier les frayeurs. Et puis, tout est prévisible, dont les méchants, dont on situe le parcours dès la première seconde.

Non. Rien n'y fait. Shark Night 3D est mauvais. En plus, il se prend au sérieux, le comble et le second degré, c'est nous qui devons se le créer pour pouvoir rire du film en beauté. Mais ça, c'est si peu récompensant qu'on n'a envie que de soupirer. Oh misère et malheur!

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 2

  • koda 23 septembre 2011 · 07h46

    c’est normal que je ne sois aucunement d’accord avec toi ?

    • Avatar
      Jimmy Chartrand 24 septembre 2011 · 01h12

      Absolument! Tous les goûts sont dans la nature, par contre je serai fasciné de savoir pourquoi tu as aimé :-)

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