Our Idiot Brother: le faux charme

26 août 2011 3h07 · Jimmy Chartrand

À propos l'article Voir Our Idiot Brother

Ni charmante ni hilarante, on se demande finalement ce qu'est supposé être la comédie Our Idiot Brother parce que, si elle semble aspirer à bien plus, elle n'est finalement pas grand chose.

Qu'on se le tienne pour dit, ça prend décidément plus pour faire un film que de faire porter les cheveux longs, la barbe et des CROCS à Paul Rudd. Et apparemment, bien plus également qu'une distribution aussi séduisante, charmante qu'impressionnante.

Puisque si tout le monde fait de son mieux et qu'on sent les ficelles du scénario qui aurait pu être bien ficelé, rien n'y fait et ne parvient à faire comprendre le véritable désir du film et sa raison d'être.

L'idée avait par ailleurs son potentiel. On aime le concept de la troisième roue du carrosse de la famille, de ce frère idiot que "tout le monde a", qu'on s'efforce d'aimer, mais qui ne semble que constamment empiéter sur tout. Bien sûr on emphase beaucoup sur l'idiotie, même à trop gros traits par moment, usant de trop de clichés de ce genre de personnage qui brise un peu la prémisse de départ..

Certes, on est reconnaissant qu'il préfère se ranger du côté des films indie-quirky à la Sundance (le marketing pousse beaucoup le fait que c'est d'une partie de l'équipe de Little Miss Sunshine alors que le film qui nous intéresse n'a absolument rien à voir avec ce dernier) au lieu des comédies vulgaires et outrancières à la Judd Apatow ou autre The Change-Up. Pourtant, parce qu'il n'atteindra aucunes extrêmes et finira également par atteindre le fond en se voulant très touchant dans son dernier tournant (les films mentionnés ci-haut ont la même habitude), le film se voudra ici très ennuyant.

On fera pourtant de notre mieux. On voudra rire aux blagues (on trouvera quelques situations marrantes et plusieurs dialogues assez sucrés merci, alors que d'autres feront mouche) et on voudra être satisfait par la distribution qui met des têtes d'affiche qu'on adore voir de Zooey Deschanel à Emily Mortimer, en passant par Adam Scott, Steve Coogan, Kathryn Hahn et Rashida Jones, mais rien n'y fera. Si ce n'est pas tant le scénario qui est en cause, c'est la réalisation, assurément absente, qui ramolli le tout.

Le fait sera donc que le film n'aura aucun rythme. S'il ne durera qu'une heure trente, on aura l'impression qu'il en durera trois. Pire, il faudra deviner les montées dramatiques et y déceler l'émotion qui aurait du y être ressentie alors que le film sera incapable de mener à terme quoique ce soit. Pourtant ce n'est pas sorcier, la formule est d'une évidence: tout le monde vit dans le mensonge, l'illuminé de façon inconsciente éclaire tout le monde, personne n'est satisfait de la vérité, ça vire ensuite au drame pour mieux s'arranger. Mais même là, le film n'y parvient pas.. Du coup, on comprend que tout doit converger vers des moments certains de crise au fur et à mesure que l'"idiot" en question foutra le bordel partout, mais à l'inverse d'un Crazy Stupid Love, on ne sentira rien, on regardera et on finira par réaliser qu'il y aura du y avoir un pic quelconque alors qu'on n'aura eu qu'une pincée pour se contenter.

On sera donc témoin de toutes sortes de situations plus ou moindre qui se succéderont sans rien y voir de brillant en ressortir. L'évolution semblera absente et les ressorts trop apparent, alors que trop de moment prévisibles se pointeront le bout du nez. On réalisera ainsi qu'on avait peut-être en tête l'idée que le spectateur était un idiot et qu'on prévoyait de lui faire passer tout cela sans l'ombre d'un riposte, mais le fait est que pour tout bon spectateur, il lui faut bien plus pour se satisfaire.

Et puis sa fin qui veut à tout prix réparer tous les pots cassés, réconcilier tout le monde et s’engloutir dans le happy end légèrement dégoulinant (jolie chanson, fondus et compagnie), laissera un goût encore plus amer en bouche pour le courageux qui aura gardé le cap malgré tout jusque là.

On se désolera alors que d'un film pourtant si bien épaulé qui nous était apparu comme charmant à son départ, n'en aura ressorti qu'un autre gâchis de talent par le biais de quelqu'un qui s'est montré incapable de bien le diriger. Ce sera alors dommage pour tout le monde, mais, on s'en doute, ce le sera surtout pour le spectateur qui aura enduré..

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