15 avril 2010 2h50 · Jimmy Chartrand
À propos l'article Voir Journée de la jupe (La)
Au derniers gala des César, on a préféré la puissance démesuré (Isabelle Adjani) à la passion tout en retenue (Audrey Tautou) pour honorer la meilleure actrice de 2010. Le jeu en valait-il la chandelle? Force est d'admettre qu'à presqu'égalité avec l'ensemble du film, on a tellement poussé l'exagération à son paroxysme, qu'on en ressent une profonde indigestion.
Il n'y a pas tant de manière que cela de dénoncer, mais le certain sens de la réparti ou de la retenu est souvent de mise. Pourquoi? Parce que sinon ça en fait trop et le message, trop agressif, s'oublie, en ne gardant en tête que la force active de tout le reste. Bien sûr, on encourage pas la subtilité vicieuse, mais dans La journée de la jupe, on n'y va aucunement de main morte.
Isabelle Adjani incarne avec intensité (et parfois cabotinage, avouons-le, surtout quand elle chantonne ou ridiculise un peu n'importe quoi) une enseignante dans les quartiers surpeuplé à cause de l'immigration qui pète carrément un câble. En fait, elle est déjà à bout de nerfs, complètement démunie de toute énergie, déjà accusée d'idéaux malvus, mais quand un élément déclencheur s'impose, là, tout éclate.
Déjà en partant, on ne fait pas dans la dentelle. Les élèves sont turbulents, impolis, vulgaires, mais ils n'ont presque rien à voir avec ceux qu'on a vu dans Entre les murs. Ils ne sont pas pire, ils sont infernaux. Carrément. Ainsi, facile de mettre le spectateur dans sa poche pour rapidement prendre le parti de l'enseignante lorsqu'elle explose en découvrant le fusil caché dans un sac.
Puis, peut-être ce qu'on pourrait appeler une légère audace, on inter-change les prises positions au fur et à mesure que le récit avance. Les élèves ou l'enseignante? La lutte sera chaude et les coups bas nombreux.
La tension est là? Pour ça, il faut avouer dans l'approbation. Il faut également avouer que malgré notre lassitude qui ne cesse de grandir, le film contient assez de rebondissements pour garder un certain intérêt, même si on sent toujours à quel point on tire exagérément les ficelles. De plus, et de façon malheureuse en plus, le film ne fait pas que se concentrer sur cette insoutenable tension qui sévit entre cette adulte en pleine crise de nerf et ces jeunes de pauvre culture.
Déjà, on met constamment en parallèle d'autres conflits toujours bouillonnants se déroulant à l'extérieur, au même moment. Se succèdent ceux des directeurs versus enseignants, parents versus autorité, étrangers versus étrangers, policier versus policier et ça ne finit plus. Sans oublier que chacune de ces sous-histoires dénoncent sans aucune subtilité un point précis de société. On combine donc suspense social (si cela peut bien exister) avec un espèce de film policier d'où l'on attend à tout moment quelques explosions entre trois-quatre gadgets.
Bref, on en beurre épais, on tombe dans le mélo, on va dans tous les tabous et on crie pendant la pénible heure et demie que dure le film. Sexualité, gang de rue, religion, nommez-les, ils sont tous là.
C'est infernal, emmerdant et insupportable. Ça aurait pu être bien autre chose, mais le traitement manque clairement de soin. On sort clairement assommé par l'expérience, mais pas nécessairement de la façon que les créateurs l'ont probablement souhaités. En aucun cas, sentons-nous un désir enflammé d'enchaîner les discussions et encore moins nous retrouvons-nous bouleversés par cette finale ultra-mélodramatique qui provoque quasiment les rires tellement on nous sort les violons et qu'on exagère les tirs. D'ailleurs, dans ce manque de classe frappant de mise en scène et des situations, il faut avouer que la plupart de ces non-acteurs sont extrêmement mal dirigés et peine salement à convaincre convenablement. Dommage. On réécoutera sans gêne Entre les murs qui, sans même utiliser tous les ridicules stratagèmes employés ici, parvenait aisément à un nombre incalculable de résultats franchement mieux réussi qu'ici.
Vous dites des choses intéressantes sur ce film à thèse très lourd, en effet, mais vous devriez faire un effort pour écrire correctement le français, car c’est une vraie pénitence que de vous lire. Vous massacrez la langue française de manière abominable et c’est bien dommage car cela vous enlève 75% de votre crédibilité. Sans rancune.