The Secret of Kells: charme celtique

6 mars 2010 1h41 · Jimmy Chartrand

À propos l'article Voir Secret of Kells (The)

 S'il ne parviendra probablement pas à déloger les grands noms en liste dans la catégorie des meilleurs films d'animation à la cérémonie des Oscars de 2010, The Secret of Kells n'a certainement pas à pâlir.

En effet, ce fabuleux conte celtique aux allures assez religieux par moment (surtout vers la fin) n'a à peu près comme reproche que de trop se complaire au niveau de l'histoire sans réellement se démarquer. Rien de bien neuf: un jeune moine curieux vit dans une communauté constamment dans la peur des vikings qui s'apprêtent d'un jour ou l'autre à venir étendre leur règne de terreur. Hautement surveillé par l'Abbée qui lui refuse tout et grandement épaulé par un nouveau venu d'une contrée lointaine, en plus d'une mystérieuse "fée" avec qui il se lie rapidement d'amitié il enrichira ses connaissances et atteindra peu à peu une éternelle sagesse. Donc, on navigue dans le terrain des vieilles légendes, du bien et du mal, du passé et du présent, etc, etc.

Pourtant, on n'a pas à se ramollir devant autant de classicisme, puisque chaque recoin de ce long-métrage assez familial n'exprime que des qualités. Dès l'ouverture, le style visuel impressionne et fascine alors que le coup de crayon est autant simpliste que travaillé, tout en faisant preuve d'une fluidité étonnante en donnant le coup d'envoi à une palette riche en couleurs et en textures.

Épaulé par la mise en scène, chaque instant donne lieu à des tableaux d'une grande richesse où chaque détail est pris en compte en faisant fourmiller des trésors d'une grande finesse, en alliant d'un point narratif autant le rire que la méditation. Puisant dans les traits les plus caractéristiques de la culture celte, on évoque à merveille cet art aux contours particulier et reconnaissables d'entre tous. De cela, on ne peut cacher l'exemple de la première vue sur la forêt qui rappelle de manière prononcé de nombreux vitraux.

On ne peut non plus passer sous silence la sublime trame musicale que Bruno Coulais (Les Choristes, Coraline) a concocté à l'aide d'une recherche minutieuse et la voix de Kila, qui ne cesse de magnifier avec encore plus d'éloquences chaque précieux moments.

Par ailleurs, l'usage d'un montage rythmée et ambitieux en multipliant les points de vue et les angles tout en faisant avancer l'histoire, évite de se stabiliser bêtement alors que chaque seconde donne lieu à une avancée du récit, de l'action et qu'on ne s'attarde jamais trop longtemps sur des trucs plutôt anodins. Si elle semble arriver de nulpart, tout en se déroulant en un clin d'oeil, on remercie le fait que cette attaque des vikings n'aie pas servi à jeter de la poudre aux yeux et servir d'apothéose triomphale pour en mettre plein la vue. Pour cela, on peut aisément compter à cette ultime finale qui rehausse tout le meilleur du film: le visuel et le coup de crayon soignée dont a eu preuve durant les courtes 75 minutes qui ont composées le film, la puissance évocatrice de ce récit accordant une grande importance à la richesse du passé et à la nature, mais également toute la force et l'efficacité de la musique de Bruno Coulais, amenant sans problème de grands frissons, nous donnant sans peine l'illusion et l'impression de détenir en nous toute la vérité sur ce secret des Kells.

En somme, on en ressort sans l'ombre d'un doute grandement impressionné, mais également enchanté ainsi que charmé par cette façon fascinante qu'a un film aussi enfantin de raviver avec vigueur notre coeur d'enfant et toute la magie qui s'y lie.

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