Jonsi : une expérience musicale féérique, magistrale

3 mai 2010 21h04 · Johanne Morrisseau

À propos l'article Voir Jónsi

Oui je sais, ce sont de grands qualificatifs, mais ils ne sont point exagérés.

Jamais auparavant je n'avais ressenti autant d'émotions en assistant à un show de musique, peut-être parce que Jonsi offre plutôt une expérience renversante, une aventure épique alliant la vidéo et la musique ?

Le plus délicieux dans tout ça c'est que je suis allée à ce spectacle en n'en sachant pas grand chose pour avoir écouté que trois fois son cd Go, question d'être un peu dans le bain. Et l'écoute de ses pièces ne m'avaient pas déstabilisées, Jonsi c'est aussi le leader de Sigur Ros et sa voix, qui est sûrement issue d'un amalgame de sonorités d'un elfe nordique à celles d'un ange venu du ciel est toujours aussi prenante et enchanteresse. Sa voix est le xième instrument et un des plus importants. Mais voilà, en spectacle Jonsi se transforme en une bête douce et forte, en un lutin grandiose et nous offre un conte extraordinaire, effets visuels compris.

D'abord, le système scénique est digne d'un show d'un Robert Lepage. Et pourtant en arrivant au Métropolis tout ça semblait bien inoffensif, une immense toile à l'arrière, et quatre écrans ressemblant à des paravants installés sur la scène, deux plus petits à l'avant et deux un peu plus grands à mi-parcours. Au centre et débordant sur les côtés, une luxuriante panoplie d'instruments, deux sets de drums, un énorme xylophone, un piano droit, des guitares, etc., etc.  Puis, the show begin !

Il est toujours difficile d'utiliser les bons mots pour décrire un spectacle comme celui que nous avons vu dimanche soir au Métropolis, difficile parce les mots semblent superflus, parce qu'il fallait y être pour comprendre à quel point Jonsi transmet une oeuvre, oui une oeuvre devant nos yeux et pour nos oreilles. Une oeuvre qui fait naître des émotions, qui donne la chair de poule parce qu'elle nous rentre dedans par sa beauté d'exécution, par la musique intense et belle, par le jeu époustouflant de Jonsi et de ses acolytes musiciens. En 1 heure et 22 minutes presque non-stop, incluant les deux chansons du rappel, nous avons eu droit à une expérience musicale et visuelle magistrale, laissant une grande place à l'imaginaire florissante d'un Jonsi, oiseau de feu, aigle royal, ange des cieux.

Je vous invite fortement à vous rendre sur le site de Jonsi, vous y trouverez certains liens dont celui expliquant la conception de cette scène qui faisaient défiler des images hallucinantes et qui mettaient en vedette des dessins animés d'animaux, de la faune et de la flore, dans un style rappelant un peu le film Coraline. Des images sombres et fortes, parfois coupées par des explosions de couleurs, ou en début de spectacle par l'incendie de la toile arrière, ou la finale apocalyptique sur la superbe chanson Grow Till Tall qui a laissé la salle complètement bouche bée d'émoi, les yeux grands ouverts. Nous avions l'impression d'entrer dans les images et la musique nous y entraînait encore plus.

Il fallait y être pour vivre les applaudissement qui n'en finissaient plus, de voir Jonsi et ses musiciens fiers de leur show et visiblement émus devant tant d'applaudissements nourris, devant cette foule qui a été délicieusement captive du début jusqu'à la fin. Le moment a été intensément beau. Les frissons compris.

Je m'en voudrais de terminer sans une mention pour le drummer… comment peut-il jouer avec une telle rapidité ? Il est à tomber par terre tellement il est bon.

 

 

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