La beauté de Charlotte Gainsbourg

25 avril 2010 11h07 · Johanne Morrisseau

À propos l'article Voir Charlotte Gainsbourg

La salle de l'Olympia était pleine, encore. On ne va pas se le cacher, Charlotte Gainsbourg a sûrement attiré une foule de curieux et de curieuses pour ses deux soirs de spectacle à Montréal. Curieux et curieuses qui désiraient la voir de près et de pouvoir, le temps d'un spectacle, entendre et toucher des yeux la fille des grands Serge et Jane. Charlotte, enfant chéri du cinéma français, talentueuse actrice palmée d'or à Cannes l'an dernier.

Mais plus encore, et pour ma part, j'ai voulu assister à ce spectacle parce que je voue une belle passion pour la musique de son père, une grande admiration pour sa mère, la chanteuse surtout, et oui j'aimais Charlotte Gainsbourg, l'actrice. Et lorsque son album fait en collaboration avec Air est sorti il y a quatre ans, 5:55, j'ai été charmé. Puis cette savoureuse collaboration avec Beck, que j'adore également, bref… j'étais déjà conquise.

Tout comme plusieurs critiques l'ont constaté, Charlotte a un très bon goût musical et ceci peut sembler évident lorsqu'on est née dans une famille de grands artistes, mais non. L'héritage peut être lourd à porter et il peut être extrêmement difficile à faire sa propre marque.

C'est ici que la beauté de Charlotte Gainsbourg se révèle. Par ce qu'elle dégage, et ce depuis ses débuts en tant qu'actrice, celle d'une femme timide, humble et qui sous un physique frêle, gracieux, possède une force créative indéniable. Elle a su s'entourer de musiciens réputés, Air et surtout Beck qui a créé avec Charlotte les superbes chansons de IRM, une collaboration qui s'est faite du début jusqu'à la fin de ce magnifique album.

Sur scène elle est attachante et belle. Contrairement à des tas de chanteuses ou actrices chanteuses, elle ne joue pas un rôle de 'star'. Tout comme Jane Birkin, elle est Charlotte Gainsbourg, tout simplement, ça se sent, et pour ça, on est complètement charmé. Et si on se fie à l'évolution sur scène de sa mère, on souhaite ardemment que Charlotte nous revienne aux cours des prochaines années avec plus d'assurance mais sans laisser cette timidité si belle à voir.

Et si Charlotte démontre une certaine gêne en début de concert, au fil des chansons de IRM, mêlés à quelqu'unes de 5:55, elle prenait de plus en plus d'aisance et semblait complètement heureuse d'être là. Sous les applaudissements nourris et chaleureux de la foule, elle a pris son envol alors qu'elle nous a offert une magnifique interprétation de Just Like a Woman de Dylan. Et quel moment émouvant alors qu'elle 'ose' – pour emprunter ses mots – piger dans le répertoire de son père et pas dans le moindre en faisant vibrer la foule avec L'Hôtel Particulier du superbe Melody Nelson.

Il faut souligner l'excellence de ses musiciens. Ce fut un concert réjouissant. Entourée de
musiciens chevronnés, band monté grâce à Beck – qu'elle a
chaleureusement remercié sur scène pour l'avoir encouragé à faire une
tournée, nous le remercions également beaucoup – le son était
impeccable et je crois même que ce deuxième soir de spectacle a été
meilleur que le premier soir pour avoir lu les critiques au lendemain
du concert de vendredi. J'ai particulièrement adoré la version de la chanson de Jean-Pierre Ferland, Le Chat du Café des Artistes, différente de celle de l'album IRM et peut-être même encore plus prenante. Ah, et Voyage, évoquant le bouquin de Louis-Ferdinand Céline – Voyage au bout de la nuit – avec ses rythmes envoûtants de percussions totalement sensuels, impeccable chanson. Pour la finale, sous une foule dansant et chantant avec elle, Couleur Café a été entonné avec un plaisir évident.

Un gros merci Charlotte pour cette belle soirée toute en beauté.

 

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