10 novembre 2008 20h52 · Johanne Morrisseau
À propos l'article Voir Mémoire des anges (La)
La mémoire des anges, c'est le travail fastidieux et remarquable du réalisateur Luc Bourdon et de son monteur Michel Giroux sur le Montréal des années 50 et 60. Un très beau documentaire duquel la poésie émane par l'assemblage d'images récupérées de chutes de tournage de plusieurs films, dont ceux de nos plus grands réalisateurs – Arcand, Carle, Jutras, etc., et de d'autres moins connus mais aussi talentueux.
Le montage est fabuleux, mais il faut laisser passer un premier cinq minutes avant de s'abandonner complètement à l'oeuvre, qui sans trame narrative demande un peu d'ajustement, mais la trame sonore et les extraits sonores existants – venant des extraits - servent parfaitement ce petit bijou, film de souvenirs, de nostalgies.
Montréal se dévoile aux quatre saisons, au fil des ans, tantôt en noir et blanc, tantôt en couleurs et toujours prenante, saisissante. Avec de merveilleux clins d'oeil sur divers quartiers, divers artères, hommes et femmes, adultes et enfants, artistes connus, policitiens, hommes religieux, bref, les années 50 et 60 sont remarquablement présentées dans ce trop court documentaire. Trop court, parce que lorsque le film se termine… on en voudrait encore et encore.
La mémoire des anges, pour moi, ce fut de me revoir à cinq ans avec mes parents et mon frère à l'Expo 67. Ce fut aussi de voir en images les souvenirs de mon père, ceux qu'il me racontait petite, et qu'il me raconte parfois encore, de sa jeunesse au parc Lafontaine abritant une petite ferme d'animaux, et qui laissait les gens voguer sur son lac grâce à des pontons. D'heureux souvenirs.
La mémoire des anges, est une oeuvre qui mérite d'être vue et revue. Et pas seulement par les nostalgiques de ce Montréal du passé. La mémoire des anges est une oeuvre, belle en soi, touchante à regarder. Un poème en images, une ode à Montréal.