Peau d’or m’endort; Chaleurhumaine, toute une scène!

29 janvier 2010 1h24 · Jimmy Simard

À propos l'article Voir Peau d'or, sort de l'ombre / le zoo Chaleurhumaine

Qu'est-ce que je peux bien écrire pour ces deux spectacles incroyables?!

J'ai assisté passivement, ennuyé d'abord, hypnotisé ensuite, à Peau d'or, sors de l'ombre. Mon ennui du début prenait racine dans ce choix monotone d'ambiance, de semie-musique et de geste/mise en scène que j'ai vu peut-être trop souvent en danse contemporaine. Pourquoi donc s'obstiner à choisir le glauque, le terne, le pesant de la vie pour s'exprimer sur scène? Les danseurs et chorégraphes sont-ils si blasés de ce monde pour qu'ils nous en servent, plus souvent qu'autrement, l'obscurité et la lourdeur? Je peux bien comprendre que dans le titre choisi pour cette oeuvre, on nous préparait à commencer par l'ombre pour aller vers le plus lumineux, mais je trouve tout de même que cette ombre aurait bénéficié d'une créativité plus grande, plus éclatée et surtout, plus originale. Ceci dit, l'utilisation des ombres chinoises aurait pu prendre plus de place ou être poussée plus loin. C'est probablement le seul aspect du début de ce spectacle que j'ai vraiment apprécié. Un peu plus loin, j'ai aimé davantage. L'interaction entre les deux interprètes m'a littéralement captivé, subjugué, hypnotisé. De voir ainsi danser les corps, la lumière et les ombres, m'a fait totalement oublier la musique, le public, les lieux. Et j'ai vraiment été sous le charme de la finale avec cette danse fluide d'une silhouette humaine amphibie des plus réussie.

Autant la seconde partie du premier spectacle m'a enchanté en comparaison avec son début, autant le deuxième spectacle du programme de cette soirée du 28 janvier 2010 à Tangente, a supplanté le premier. Le zoo Chaleurhumaine a particulièrement plu à l'adepte de l'insolite, des surprises et du différent en moi. Bien que l'espace était inconfortable pour le public douillet habitué à être minimalement assis sur un banc cordé à côté d'autres bancs similaires, l'expérience était tout simplement délirante pour ce public marginal blasé par l'immobilité des conventions trop souvent respectées et admises. Comme je me sentais plus de connivence avec ce deuxième groupe, j'ai été ravi par le spectacle semi-interactif pour lequel on nous invitait. Mon seul regret fut l'impression d'être resté sur ma faim: j'en aurais voulu encore et encore. Malheureusement pour moi, une voix off nous invitait déjà à quitter le zoo parce que ce dernier fermait ses portes. Au moins, j'aurai pu me délecter de quelques jeux fascinants entre interprètes et pantins aux mimétismes humains à si méprendre. Et que dire de cette chorégraphie présentant une mère, un père et leur enfant, s'adonnant à des perversités sexuelles par le suggéré… était-ce bien des humains qui s'exibaient dans de tels ébats, bannis par notre société occidentale et préjugeante, ou n'était-ce que les personnages d'un zoo fictifs destinés à provoquer et questionner les visiteurs sur leur propre voyeurisme?! Pour cette simple leçon et intrusion philosophique, j'applaudis infiniment cette oeuvre étrange et ses créateurs, et les remercie, tout aussi infiniment, d'offrir au spectateur un miroir pour lui permettre de réfléchir sur ses propres travers. Après tout, y a-t-il une seule personne de l'assistance qui ce soit offusquée de ce qu'elle voyait au point de quitter la salle ou de crier au scandale pendant ces scènes qui auraient peut-être dû provoquer de telles réactions? À ma connaissance, personne; même pas moi. Moi, j'appréciais trop l'art, l'innovation, la danse philosophique, l'ensemble de l'oeuvre… pour m'insurger du sujet présenté! Et vous, qui avez vu le spectacle, quelles sont vos raisons?

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