12 mai 2010 12h47 · Jean Turcotte
À propos l'article Voir Coco Chanel & Igor Stravinsky
Coco Chanel est en deuil. Elle ne peut demeurer seule et encore moins vivre sans son indépendance parfois arrogante surtout si l'on se reporte aux années de la Première Grande Guerre. Coco Chanel est à cette époque une star dans le domaine de la mode et elle s'acharne à travailler (et à faire travailler les autres pour elle). On ne lui connaît fort peu d'intérêts à part les tissus et l'argent. Le film d'Anne Fontaine nous a bien préparés à recevoir celui-ci, mettant en scène un personnage égocentrique et féministe avant le mot.
Igor Stravinsky, musicien russe, désire apporter à la musique et au ballet une note différente, voire révolutionnaire. Sans doute que les événements politiques qui secouent la Russie y sont pour quelque chose. Mais son Sacre du printemps fait scandale à Paris. Cela émeut, bouleverse même Coco Chanel qui l'invite à venir écrire sa musique dans sa maison en banlieu de la capitale française.
Toute la famille débarque dont l'épouse de Stravinsky qui souffre d'un début de tuberculose. Celle-ci ne sera pas dupe très longtemps des véritables intentions qui se profilent derrière la mécène qui n'y connaît absolument rien en musique.
L'idylle éclate, ce qui amènera la dissolution du ménage d'Igor. C'est autour de cela que tourne le film qui nous offre deux personnages tout à fait à l'opposé et profondément ancrés dans leur passion respective: le tissu et la musique.
Ça nous donne des moments de grande intensité et d'autres d'une froideur telle que l'on se met à ne presque pas croire qu'il y eut un véritable amour entre ces deux êtres qui, à leur manière, auront changé le monde de la mode et celui de la musique.
La finale du film étonne quelque peu. L'on y voit Coco Chanel en vieille dame, rêvant au compositeur qui, de son côté, referme définitivement son piano.